DIG / La rivalité entre Pékin et Washington pour le contrôle des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques place le Gabon dans une position stratégique inédite.
Son manganèse — ressource clé pour les batteries, les technologies et certaines industries de défense — est désormais au cœur des calculs géopolitiques des deux superpuissances.
La Chine garde une longueur d’avance
La Chine a une longueur d’avance. Présente depuis des années sur les mines, les infrastructures et la logistique africaines, elle occupe une position dominante dans les chaînes de transformation mondiales.
Les États-Unis, eux, cherchent à réduire cette dépendance et mobilisent financements, garanties et partenariats privés pour sécuriser leurs approvisionnements.
Une opportunité à ne pas gâcher
Pour le Gabon, cette compétition est une opportunité — à condition de ne pas la gérer naïvement. L’enjeu n’est pas de choisir entre Pékin et Washington, ni de simplement changer la destination de ses exportations brutes.
C’est de mettre ces rivalités au service d’une politique industrielle nationale : transformation locale du minerai, emplois qualifiés, infrastructures financées et meilleure captation de la valeur ajoutée.
Le véritable enjeu est la valeur ajoutée
Le véritable cadeau n’est ni chinois ni américain. Il est dans le sous-sol gabonais.
Reste désormais à savoir si Libreville saura transformer cette nouvelle centralité géopolitique en levier de souveraineté économique, plutôt qu’en simple opportunité pour de nouveaux acheteurs de matières premières.



