Modernisation des paiements dans la CEMAC : Le Gabon peut-il gagner en compétitivité ?

DIG / La BEAC est en train de poser les rails d’un marché financier CEMAC plus intégré et pour le Gabon, l’enjeu est économique : faciliter les paiements transfrontaliers pourrait réduire certaines frictions pour les entreprises, fluidifier les échanges régionaux et renforcer l’usage des paiements numériques.

Moins de frontières pour les transactions

Le nouveau QR Code CEMAC, connecté à GIMAC, doit permettre aux clients de payer chez des commerçants participants indépendamment de leur banque ou de leur portefeuille mobile.

La BEAC a également modernisé SYSTAC 2, dédié aux paiements de détail, tandis que son adhésion au PAPSS ouvre à terme une connexion entre la CEMAC et les autres marchés africains.

Pour les entreprises gabonaises, le bénéfice potentiel est concret : régler plus facilement un fournisseur au Cameroun, encaisser un client au Congo ou développer une activité dans un autre pays CEMAC, sans multiplier les barrières techniques entre systèmes de paiement.

Un levier pour les PME

L’enjeu est particulièrement important pour les petites entreprises. Plus les paiements transfrontaliers deviennent simples et accessibles, plus il devient possible pour une PME gabonaise de vendre au-delà du marché national sans devoir construire des dispositifs financiers différents pour chaque pays.

Cette évolution peut aussi favoriser le commerce électronique, les services numériques et le développement du mobile money, tout en contribuant à l’objectif régional de porter l’inclusion financière à 60 % en 2029 puis 75 % en 2032.

Le vrai gain : réduire le coût de faire des affaires

Pour le Gabon, la question ne sera donc pas seulement de savoir si un consommateur pourra scanner un QR Code à Yaoundé ou à Brazzaville.

Le véritable enjeu sera de savoir si cette interopérabilité permettra aux entreprises gabonaises de commercer plus rapidement, à moindre coût et sur un marché plus vaste.

La prochaine bataille sera celle de l’identité numérique et du KYC (Know Your Customer, ou « connaissance du client » en français, est un processus obligatoire qui permet aux entreprises de vérifier l’identité de leurs clients).

Les systèmes restent encore largement nationaux dans la CEMAC. Sans une meilleure interopérabilité de l’identité, le paiement pourra circuler plus facilement, mais les entreprises continueront de faire face à des coûts et contraintes pour identifier leurs clients et partenaires.

Pour le Gabon, cette réforme pourrait ainsi transformer le paiement en véritable infrastructure de compétitivité régionale.

Mais son impact économique dépendra surtout de son adoption par les banques, les opérateurs de mobile money et les entreprises.

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La Redaction

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