Pénurie de carburant : Où sont passés les stocks de sécurité de la SGEPP?

DIG / Après un week-end de stations à sec et de files d’attente, le cargo Savanan, d’environ 30 000 m³, a accosté à Owendo dimanche 4 octobre vers 4 h du matin, selon le directeur de l’Aval pétrolier du ministère du Pétrole et du Gaz.

Le ministère avait annoncé un navire pour la soirée du samedi 3 octobre. L’arrivée du gasoil soulage, mais elle ne répond pas à l’essentiel : comment la capitale en est-elle arrivée à dépendre de l’heure d’accostage d’un seul bateau ?

Des stocks qui s’évaporent, sans explication

Le communiqué du 2 octobre 2026  invoque une diminution des stocks chez les marketeurs, sans en préciser l’origine.

Pourtant, les files d’attente et les stations à sec étaient signalées dès le 30 septembre, où des pompistes disaient ne rien savoir des causes.

Les marketeurs ont limité la vente à 10 000 F CFA par véhicule, et la pénurie a provoqué des délestages de la SEEG.

Difficile de parler d’une tension circonscrite, comme l’a pourtant fait le ministère.

Côté quai, la SOGARA a affrété le navire puis la cargaison transite par les cuves de stockage avant les camions-citernes : un schéma à flux tendu qui ne tolère aucun retard.

La guerre en Iran, explication ou alibi ?

Thibault Idoumi Directeur général de l’Aval pétrolier et gazier a expliqué au micro de Gabon 1ère que la raréfaction des produits pétroliers sur le marché international est affectée par la guerre en Iran, le rôle des traders et les engagements du Gabon vis-à-vis de l’OPEP.

Le contexte mondial est réel, mais l’argument porte sur le prix, alors que les Gabonais ont subi une pénurie, c’est-à-dire un problème de disponibilité.

Rappeler qu’un pays producteur ne fixe pas seul ses prix n’explique pas pourquoi les cargaisons n’ont pas été sécurisées à temps.

L’énigme de la SGEPP

En 2025, la Société gabonaise d’entreposage des produits pétroliers (SGEPP) indiquait une autonomie moyenne de 16 jours pour les produits blancs à Owendo, principal site de stockage du pays, et de 35 jours à Moanda.

Sauf qu’en l’espace de 3 jours seulement, Libreville était à sec. Où sont donc passés les stocks de sécurité ?

Ce que les autorités doivent maintenant expliquer

Après l’épisode de 2025 sur l’essence, c’est la deuxième fois en peu de temps que le Grand Libreville manque de carburant.

Le retour du gasoil ne doit donc pas clore le dossier.

Trois questions méritent des réponses publiques : le niveau réel des stocks stratégiques avant la rupture, les causes du retard de la cargaison, et les mesures prévues pour éviter une nouvelle pénurie, y compris vers l’intérieur du pays, desservi après la capitale.

La modernisation de la SOGARA reste au stade des études, et tant qu’elle n’aboutit pas, la capitale restera tributaire des navires.

Sans chaîne de décision détaillée, le prochain navire en retard produira la même crise.

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La Redaction

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