Pénurie de ciment : Le groupe marocain Cimaf sous pression

DIG/ Sommé par le gouvernement de trouver une solution immédiate à la difficulté constatée dans approvisionnement en ciment et à l’explosion des prix ( la tonne de ciment est passée de 77 000 à 120 000 francs), le directoire du groupe marocain conduit par son vice président et propriétaire Malik Sefrioui a effectué un séjour express au Gabon les 5 et 6 septembre 2018.

Très inquiet, dit-on, de ne pas contraindre le gouvernement à revoir en profondeur les termes de sa convention passée avec l’industriel marocain, ses dirigeants ont soumis au Premier ministre, Chef du gouvernement, un plan de reprise du marché.

En effet, faut-il le rappeler, en cas de violation des obligations inscrites dans l’accord de suivi, l’Etat se réserve le droit, de surseoir ou d’annuler cette décision qui confère au groupe marocain une position monopolistique dans la production et la vente de ciment au Gabon.

Surpris, disent-ils, par une hausse soudaine de la demande de ciment à partir du mois de juin, les dirigeants marocains ont donc annoncé en trombe une série de mesures palliatives : Le démarrage de la 2 eme ligne de production de Cimgabon dans moins de deux mois ;  Le lancement de suite d’un investissement de plus d’une dizaine de millions d’euros pour la construction en 12 mois d’une ligne additive de production de ciments à Cimaf  Gabon d’une capacité de 350 000 t/an qui s’ajoutera aux 500 000 t/an déjà existantes depuis Août 2015 ramenant à 850 000 t/an pour un marché local de près de 650 000 t/an ; Le lancement immédiat – et ce au vu des résultats positifs des campagnes de sondages réalisés depuis un an sur les permis de recherches obtenus- de la construction d’une usine moderne et écologique de clinker sur une durée de deux ans pour un investissement d’une centaine de millions d’ euros avec 1/2 millier d’ emplois directs et indirects en perspective.

« Le Gabon deviendra ainsi sur les 12 pays dans lequel le groupe Cimaf est présent, le second pays à être doté d’une clinkerie après celles construites au Maroc. Ce qui démontre les excellentes relations séculaires et privilégiées qui unissent les peuples frères Marocains et Gabonais. Cette usine permettra non seulement de passer d’un seuil de transformation local de 30% actuel à 95% mais aussi de fournir à un prix compétitif, du clinker aux autres producteurs locaux de ciment actuels et futurs ainsi que dans la sous région », a annoncé le vice-président et propriétaire du groupe Cimaf, Malik Sefrioui.

Les deux investissements ci-dessus devront faire l’objet d’une convention d’investissement qui sera signée par les parties prenantes dans les semaines à venir.

Engagements* Pour rappel, le 19 juillet 2017, le gouvernement avait pris- et ce dans le cadre de la politique d industrialisation- un arrêté portant interdiction temporaire d’importation de ciment pour une durée de deux ans permettant de protéger les producteurs locaux.

En sus de cet arrêté, un protocole d’accord avait été signé entre le gouvernement et le groupe Cimaf. Ledit protocole mettait en exergue une dizaine d’engagements que Cimaf se devait d’honorer.

Il portait notamment sur la relance de Cimgabon et le maintien de ses emplois, l’ employabilité, la mise en place de grands dépôts, la communication des données stratégiques à l administration, la valorisation de la chaîne de valeur dans la distribution du ciment, le développement de l’entrepreneuriat local, le lancement des prospections minières en vu d’une éventuelle construction d’une clinkerie en cas de résultats de sondages positifs, le maintien des prix et l’approvisionnement sur toute l étendue du territoire.

(Source : L’Union)

 

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