DIG / Le 12 août 2025, le gouvernement annonçait en grande pompe la réservation de sept catégories de « petits métiers » aux seuls nationaux.
1- Le commerce de proximité ;
2- Les envois d’argent non agréés ;
3-La réparation de téléphones et petits appareils ;
4- La coiffure et les soins esthétiques de rue ;
5- L’orpaillage artisanal non autorisé ;
6– L’intermédiation informelle dans l’achat de récoltes ;
7- L’exploitation de petits ateliers ou machines de jeux sans enregistrement.
Objectif affiché : lutter contre le chômage des jeunes et renforcer la souveraineté économique.
Mais 11 mois plus tard, sur le terrain, rien ou presque n’a changé.
Dans les marchés, la vie continue comme avant
Un tour aux marchés de Nkembo et de Mont-Boûet, suffit à mesurer l’écart entre l’annonce et la réalité.
Les étals de fruits et légumes, les échoppes de réparation de téléphones, les salons de coiffure de rue restent tenus, dans leur immense majorité, par des ressortissants étrangers.
Charbonnages, Nzeng-Ayong ou PK5, le constat est identique. « On nous avait dit qu’on allait récupérer nos marchés. Mais personne n’est venu contrôler. Et même si on voulait reprendre, avec quel argent ? », s’interroge Sylvie, vendeuse gabonaise de condiments installée depuis 2 ans au carrefour Carnaval dans les Charbonnages.
Ni décret d’application, ni mécanisme de suivi
L’annonce faite en Conseil des ministres n’a jamais été suivie d’un décret d’application détaillé précisant les modalités, les délais de transition et les sanctions.
Les « rapports réguliers » promis par la porte-parole du gouvernement pour assurer l’application effective de la mesure n’ont, à ce jour, fait l’objet d’aucune publication officielle.
Les jeunes toujours en attente
Du côté des jeunes Gabonais, la mesure n’a pas déclenché la vague entrepreneuriale espérée.
Absence de financement, manque de formation technique, notamment pour la réparation de téléphones, et surtout, désintérêt d’une partie de la jeunesse diplômée pour ces activités jugées peu valorisantes.
« On ne devient pas commerçant du jour au lendemain. Il faut un capital, un réseau de fournisseurs, une clientèle. Les étrangers ont mis vingt ans à construire tout ça », rappelle Sylvain un coiffeur.
Une annonce à effet politique
Pour de nombreux observateurs, la mesure d’août 2025 aura surtout servi à répondre à une colère populaire ponctuelle, née de l’affaire du marché de Lambaréné sans jamais s’inscrire dans une vraie politique publique.
La crise diplomatique avec le Bénin, les accusations de xénophobie et l’absence de moyens dédiés ont fait le reste.



