DIG / Le Secrétariat général de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), Mays Mouissi, a réagi, le 24 octobre 2026, aux interrogations sur l’acquisition du terrain destiné au futur siège du part présidentiel.
Dans un communiqué de presse, il a rappellé que le projet a été annoncé publiquement le 5 juillet 2026, lors du premier anniversaire du parti, et qu’il n’y a donc « ni projet caché, ni démarche discrète ».
Selon le ministre de l’Habitat, la zone située derrière l’Assemblée nationale relève du domaine public et a été aménagée pour accueillir des projets d’envergure, publics ou privés.
Une parcelle a été attribuée sur le Boulevard de la Libération, et la construction sera financée « par les cotisations des adhérents, des contributions volontaires et une ingénierie financière avec des acteurs du secteur ».
Une critique centrée sur la cohérence
Dans une tribune, Lionel Giovani Boulingui, porte-parole d’EPG, déplace le débat.
Il ne conteste pas d’abord la régularité des formalités : il reconnaît lui-même que rien ne prouve, à ce stade, une irrégularité.
Sa question est celle de la cohérence : des familles ont été déguerpies au nom de l’intérêt général, et un parti s’installe dans la même zone.
Il demande quelle était la destination prévue des terrains libérés, en quoi un siège politique y répond, et quelles solutions de relogement ont été apportées.
Le cumul des fonctions, point sensible
L’auteur relève que le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme est aussi secrétaire général de l’UDB, et que le communiqué émane de cette seconde fonction.
Ce cumul n’est pas une irrégularité en soi, mais il brouille la frontière entre l’action de l’État en matière d’aménagement et les intérêts d’une formation politique.
Il rend d’autant plus nécessaires la transparence et la traçabilité : documents d’attribution, critères retenus, décisions d’affectation.
Un communiqué partisan, aussi précis soit-il, ne suffit pas à lever cette ambiguïté.
Ce qui reste à éclaircir
Les deux textes ne répondent pas à la même question. Le communiqué établit que la démarche a été publique et financée par le parti ; la tribune demande pourquoi cette parcelle et au nom de quel intérêt général.
Un siège de parti n’est pas, par nature, un équipement d’utilité publique, et seule une publication des actes d’attribution et de la destination initiale de la zone permettrait de trancher.
Au-delà du terrain, c’est la crédibilité de la parole publique qui est en jeu, ainsi que la situation des familles déguerpies, toujours en attente de réponses.



