PLFR 2026 : Le Gabon revoit drastiquement ses prévisions de croissances de 6,5 % à…4 %

DIG / Les instituions financières internationales avaient bien raison lorsqu’elles s’étonnaient des prévisions de croissance très optimistes du Gabon pour l’année 2026.

En effet, la loi de finances rectificative (PLFR) issue du conseil des ministres du 22 mai 2026 a acté une révision brutale : la croissance gabonaise est ramenée à 4 %, contre 6,5 % prévus dans la loi de finances initiale.

Un écart de 2,5 points qui dépasse le simple ajustement technique et soulève une question de fond sur le réalisme des projections initiales des autorités gabonaises.

Pétrole et manganèse  au top

Paradoxalement, ce n’est pas le pétrole qui plombe les prévisions. La production pétrolière est revue à la hausse de 3,1 % et le prix du baril gabonais progresse de 15 %, à 75 USD.

Idem pour le manganèse : La production devrait être en hausse de 2,1 %, pour s’établir à 9,424 millions de tonnes contre 9,229 millions de tonnes initialement prévus, avec un prix de vente de la tonne en légère baisse de 0,8 %, projeté à 166,9 USD contre 168,2 USD à l’initiale ;

Le hors-pétrole en décrochage

C’est le secteur hors-pétrole qui vacille. La production de bois débités s’effondre de 36,2 %, le caoutchouc chute de 76,9 %, réduit à 600 tonnes contre 2 500 prévues et l’huile de palme recule de 6,4 %.

Trois filières clés en difficulté simultanée, un signal qui dépasse la simple conjoncture.

La diversification, toujours promise, jamais aboutie

Ce PLFR illustre une réalité que les autorités gabonaises n’ont pas encore réussi à inverser : l’économie reste structurellement dépendante des cours mondiaux et des performances du sous-sol.

Quand le pétrole monte, les chiffres tiennent. Quand les filières forestières et agricoles décrochent, la croissance suit.

L’or fait figure d’exception, sa production double à 800 kg mais une telle performance anecdotique ne saurait constituer une stratégie de diversification.

Un cap budgétaire sous contrainte FMI

Derrière ces révisions, une réalité politique s’impose : le PLFR 2026 est explicitement conçu en anticipation d’un futur programme avec le Fonds Monétaire International.

Les recommandations du FMI, issues de la mission de février 2026 et des Assemblées de Printemps d’avril à Washington ont directement orienté les arbitrages budgétaires.

La soutenabilité de la dette et la discipline fiscale priment. La transformation structurelle de l’économie, elle, attendra.

 

 

 

 

 

 

 

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La Redaction

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