DIG / Au Gabon, le recours aux prêts d’argent entre particuliers avec intérêts — souvent appelés « tontines à intérêt » ou prêts informels — est devenu une pratique courante, mais de plus en plus décriée.
Un engrenage toxique
Les témoignages sont unanimes : cette pratique est « toxique ».
Entre les difficultés de remboursement et l’accumulation d’intérêts prohibitifs, l’endettement devient vite hors de contrôle.
Ce qui devait être une aide ponctuelle se transforme en un facteur de pauvreté supplémentaire, « asphyxiant » littéralement les ménages.
L’impact humain et social
Au-delà de l’aspect financier, c’est le tissu social qui se déchire. Les témoignages soulignent :
-Un stress permanent : La peur de croiser son créancier au détour d’une rue ou dans son propre quartier.
-Des tensions familiales : Les dettes non résolues nuisent à la stabilité du foyer.
-Une précarité accrue : Pour rembourser, certains s’appauvrissent davantage, créant un cercle vicieux dont il est difficile de sortir.
Vers une régulation nécessaire ?
Face à ce constat, les appels à l’action se multiplient. Beaucoup plaident pour un encadrement législatif plus strict de ces pratiques informelles.
Pourtant, comme le rappelle notre confrère GMT, la loi encadre, bel et bien, cette pratique.
En effet, l’article 324 du Code pénal nouveau dispose que « ceux qui auront établi ou tenu des maisons de prêt sur gage ou nantissement sans autorisation légale,[…] seront punis d’un emprisonnement de cinq ans au plus et d’une amende de 10.000.000 francs au plus ou de l’une de ces deux peines seulement ».
Il en est de même pour toute personne ayant volontairement souscrit à ce type de contrat. Et ce, à des taux illégaux.
A ce propos, l’article 323 dudit Code dispose que « quiconque consent un prêt conventionnel dont le taux effectif dépasse de plus du quart le taux moyen pratiqué dans les mêmes conditions par des prêteurs de bonne foi pour des opérations de crédit comportant les mêmes risques que le prêt dont il s’agit, est condamné à un emprisonnement de deux ans au plus et à une amende de 10.000.000 de francs au plus, ou à l’une de ces deux peines seulement ».



