DIG / Avec un litre de diesel à 575 FCFA, le Gabon conserve en août 2026 une position relativement favorable sur le marché africain des carburants — bien en deçà de la moyenne mondiale établie à 888 FCFA par litre selon les données de GlobalPetrolPrices arrêtées au 17 août 2026.
Un avantage compétitif concret pour l’économie
Cet écart de prix n’est pas anodin. Le diesel alimente une large part du transport routier gabonais, des activités industrielles, des engins de chantier et des groupes électrogènes — ces derniers étant devenus incontournables dans un contexte de coupures d’électricité récurrentes.
Un prix contenu contribue directement à limiter les coûts de fonctionnement des entreprises et, indirectement, la pression sur les prix des marchandises et des services pour les consommateurs.
Dans les secteurs miniers et forestiers, où la logistique représente une part significative des coûts d’exploitation, la compétitivité du carburant constitue un levier de rentabilité non négligeable.
Un paradoxe gabonais à ne pas ignorer
Ce positionnement favorable cache cependant une réalité paradoxale : le Gabon est producteur de pétrole, mais importe l’essentiel de ses produits raffinés, faute de capacités nationales de raffinage suffisantes.
Sa position tarifaire avantageuse dépend donc de subventions implicites à la pompe et de l’évolution des cours mondiaux — deux variables sur lesquelles Libreville n’a aucune maîtrise directe.
Les tensions actuelles sur l’approvisionnement mondial en diesel renforcent ce risque.
Pour le Gabon, l’enjeu est donc double : préserver un prix suffisamment compétitif pour soutenir l’activité économique, tout en développant les capacités nationales de raffinage pour réduire cette dépendance structurelle.



