DIG / Long de 648 kilomètres à travers le cœur de la forêt équatoriale, le Transgabonais incarne la colonne vertébrale de l’économie nationale.
Alors que le Gabon accélère sa diversification et renforce ses ambitions industrielles, la modernisation de cette infrastructure ferroviaire historique est une urgence stratégique absolue.
Le poumon économique du Gabon en chiffres
Pour mesurer l’importance capitale du réseau opéré par la SETRAG (Société d’exploitation du Transgabonais), il suffit d’observer son empreinte sur l’économie nationale.
À lui seul, le corridor ferroviaire génère environ 20 % du produit intérieur brut (PIB), représente 5 % des emplois du pays et contribue à hauteur de 20 % aux recettes fiscales de l’État.
Chaque année, la voie ferrée achemine près de 80 % des exportations minières du pays, notamment le manganèse, minerai pivot du commerce extérieur.
En 2025, c’est plus de 203 000 tonnes de bois transportées et environ 200 000 tonnes de fret divers, essentiels au ravitaillement des provinces de l’intérieur.
Sans un rail performant, c’est l’ensemble de l’appareil productif et logistique gabonais qui risquerait l’asphyxie.
Face à l’usure du temps, un impératif de modernisation
Inauguré à la fin des années 1970 et soumis à des conditions climatiques extrêmes ainsi qu’à des charges de fret sans cesse croissantes, le réseau exigeait des transformations en profondeur.
Les déraillements récents et les ralentissements d’exploitation ont rappelé l’urgence d’adapter la voie aux standards internationaux de sécurité et de rentabilité.
C’est dans ce contexte que s’inscrit le Programme de modernisation et de sécurisation (PMS), dont la phase III vient d’être franchie grâce à la signature d’un protocole d’accord de 147 milliards de FCFA, financé conjointement par Proparco et la SFI/IFC (Groupe Banque mondiale).
Des avancées spectaculaires
Sur les rails, la transformation est désormais très concrète.
Les équipes de la SETRAG poursuivent à un rythme soutenu la rénovation, avec 445 km de voies déjà entièrement renouvelées afin de garantir une meilleure stabilité des trains.
Aussi, plus de 670 000 traverses en béton ont été fabriquées et posées. Elles remplacent les anciennes structures en bois pour assurer une durabilité accrue.
On note également plus de 200 km de rails renforcés, passant de 50 kg/m à 60 kg/m.
Un dispositif calibré pour supporter des charges lourdes et accélérer la régularité des circulations.
Un Transgabonais fiabilisé et plus rapide permettra non seulement d’augmenter les capacités d’évacuation des minerais et du bois, mais aussi d’offrir aux usagers un service de transport de voyageurs plus sûr, régulier et confortable.


