DIG / À Libreville, les plateformes de véhicules de transport avec chauffeur (VTC) se multiplient au rythme des applications numériques.
L’arrivée annoncée de Yango accélère l’urgence d’une question jusqu’ici différée : qui encadre ce secteur, et comment ?
Un secteur qui évolue plus vite que les textes
La tarification dynamique des VTC — variable selon la demande, la disponibilité et les conditions de circulation — déroute les usagers habitués au tarif fixe du taxi traditionnel.
Le statut des chauffeurs reste flou : entre indépendance professionnelle, obligations administratives et responsabilités vis-à-vis des passagers, rien n’est clairement défini.
Quant aux taxis traditionnels, soumis à des contraintes réglementaires que les plateformes ignorent, ils vivent cette concurrence comme une injustice — et ils n’ont pas tout à fait tort.
Une régulation interministérielle indispensable
Encadrer les VTC ne relève pas d’un seul ministère. Le ministère des Transports devrait définir les conditions d’accès à la profession et les normes de sécurité.
L’ARCEP pourrait intervenir sur les aspects numériques des plateformes. La DGI devrait fiscaliser une activité économique aujourd’hui largement hors radar.
Le défi : formaliser sans étouffer
Le véritable enjeu pour les pouvoirs publics gabonais est de réguler sans décourager l’innovation — sécuriser les chauffeurs et les passagers, rétablir des conditions de concurrence équitables avec les taxis, et faire entrer le transport numérique dans l’économie formelle.
Le marché n’attendra pas que les textes soient prêts.



