Un budget de 4 milliards de FCFA d’ici 2027 : le pari (presque) impossible du maire d’Oyem

DIG / Le 18 avril 2026, les conseillers municipaux d’Oyem adoptaient un budget primitif de 1 086 169 520 FCFA pour l’exercice en cours.

Un montant en légère baisse par rapport à 2025. Pourtant, du même souffle, le maire Chen Sylvestre Mezui M’Obiang annonçait vouloir porter ce budget à plus de 4 milliards de FCFA d’ici 2027. L’écart entre les deux chiffres résume toute la tension d’une ambition qui cherche encore ses fondations.

La promesse est spectaculaire. Pour la tenir, la commune d’Oyem devrait multiplier ses ressources par près de quatre en l’espace de dix-huit mois.

À titre de comparaison, le budget 2026 est lui-même inférieur à celui de 2025.

La trajectoire réelle est donc descendante, là où la vision affichée exige une accélération sans précédent. Sans plan de financement détaillé rendu public, l’objectif ressemble davantage à un cap politique qu’à une feuille de route budgétaire.

Des leviers limités, des contraintes structurelles lourdes

Le principal obstacle est interne. Avec 45 % du budget absorbés par les charges de personnel et les indemnités des élus, la commune dispose d’une marge de manœuvre réduite pour générer de l’épargne et financer l’investissement par ses propres moyens.

La fiscalité locale  (taxes foncières, patentes, droits de marché), reste largement sous-exploitée dans la plupart des communes gabonaises, faute de cadastre fiable et de capacités de recouvrement. Oyem n’échappe pas à cette réalité.

Partenariats et coopération : la carte à jouer

Le vrai levier crédible réside ailleurs : dans la mobilisation de financements extérieurs.

Coopération décentralisée avec des collectivités étrangères, accès aux fonds de l’État dans le cadre de la politique de décentralisation, partenariats public-privé sur des projets d’infrastructure, ou encore appels aux bailleurs de fonds actifs au Gabon.

Mais ces ressources ne tombent pas du ciel, elles supposent une ingénierie financière et des dossiers techniques que peu de communes gabonaises maîtrisent aujourd’hui.

Une vision qui vaut comme signal

Reste que l’ambition affichée n’est pas sans valeur. En posant publiquement un chiffre (4 milliards en 2027), le maire d’Oyem crée une pression politique sur lui-même et engage sa mandature sur un résultat mesurable.

C’est aussi une façon d’envoyer un signal aux investisseurs potentiels et aux partenaires institutionnels : Oyem se pense autrement. La question n’est plus de savoir si l’objectif est raisonnable. Elle est de savoir si les actes suivront les mots, et à quel rythme.

 

 

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La Redaction

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