Urgence hydrique : Le rétropédalage du gouvernement, aveu d’échec d’un premier dispositif bancal

DIG / Moins de 48 heures après avoir instauré en fanfare un dispositif d’urgence hydrique, le gouvernement gabonais a dû revoir sa copie : le communiqué n°2 du ministre Philippe Tonangoye, daté du 2 juillet, est en réalité la reconnaissance implicite d’un premier plan mal ficelé.

Un volte-face révélateur

Le premier dispositif reposait sur deux piliers : un prix unique et un numéro vert unique — le 18 — pour tout le Grand Libreville. Les deux ont échoué dans les heures suivant leur annonce.

Le communiqué reconnaît explicitement de réelles difficultés d’approvisionnement et d’accessibilité au numéro vert 18, seule ligne initialement disponible.

Plus significatif encore : les 55 véhicules de distribution immobilisés le 1er juillet au nom de la lutte contre le commerce illégal ont été réintégrés dans le dispositif deux jours plus tard, après une rencontre au Palais des Sports présidée par le chef de l’État lui-même.

La filière que l’on venait de bloquer est donc rappelée à la rescousse — cette fois sous encadrement officiel.

Des tarifs revus à la hausse

Le mètre cube passe de 3 000 à 4 000 FCFA, le fût de 200 litres de 600 à 800 FCFA — soit une hausse de 33 % sur chaque palier en 48 heures.

Le gouvernement justifie cet écart par l’exonération des taxes municipales, de transport et de commerce.

Mais la vraie raison transparaît : les tarifs initiaux avaient été fixés sans concertation avec les opérateurs, qui ne pouvaient pas les appliquer.

Quatre numéros verts supplémentaires

Pour pallier la saturation du 18, quatre nouvelles lignes sont désormais opérationnelles : le 181 pour le Génie militaire, le 182 pour la Garde républicaine, le 183 pour la Gendarmerie nationale, et le 184 dédié au signalement des abus tarifaires.

 Ce que cela révèle

La rapidité de cet ajustement témoigne d’une certaine agilité de l’exécutif. Mais elle soulève aussi une question de fond : pourquoi avoir annoncé avec autant de solennité un dispositif aussi peu testé ?

Fixer des prix sans consulter les opérateurs, bloquer leur activité, puis les réintégrer 48 heures plus tard, n’est pas une gestion de crise — c’est une improvisation corrigée en urgence.

La population, elle, a souffert de ces tâtonnements institutionnels pendant deux jours supplémentaires. L’objectif d’assainir durablement la filière de l’eau reste légitime. Mais il suppose une concertation en amont, pas des rectificatifs en cascade.

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La Redaction

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