DIG / Défiscalisation, plafonnement des prix, Centrale d’achat et subventions : malgré la multiplication des dispositifs annoncés, le pouvoir d’achat des ménages reste sous pression.
La hausse des carburants entrée en vigueur le 1er novembre 2026, avec l’essence à 735 FCFA et le gasoil à 705 FCFA le litre, met en lumière les limites d’une politique davantage tournée vers les mesures ponctuelles que vers les causes structurelles de la vie chère.
Des mesures dont les effets restent à prouver
Le 13 février 2026, l’État a suspendu pour six mois plusieurs droits et taxes sur des produits de première nécessité. Mais aucune évaluation publique consolidée ne permet, à ce stade, de mesurer les économies effectivement répercutées sur les consommateurs.
Même interrogation autour de la Centrale d’achat du Gabon (CEAG).
Après le méga-marché organisé à Angondjé le 25 avril, où le sac de riz de 44 kg était proposé à 20 000 FCFA, l’enjeu reste celui de la disponibilité et de l’accessibilité durable de ces produits, notamment hors du Grand Libreville.
Le carburant, un nouveau choc pour les ménages
Depuis le 1er novembre, le litre d’essence est passé de 595 à 735 FCFA et celui du gasoil de 575 à 705 FCFA.
Si le gaz butane et le pétrole lampant restent subventionnés, cette hausse risque de renchérir les transports et les coûts d’acheminement des marchandises, avec des répercussions possibles sur les prix à la consommation.
La baisse de l’inflation à 0,9 % au premier trimestre 2026 ne signifie d’ailleurs pas que les prix ont diminué.
Elle indique seulement un ralentissement de leur progression.
L’urgence des réformes structurelles
La lutte contre la vie chère ne pourra durablement reposer sur les exonérations fiscales et les subventions.
Elle suppose de réduire la dépendance alimentaire extérieure, d’accroître la production agricole locale et de maîtriser les coûts logistiques et les circuits de distribution.
Au-delà des annonces, le gouvernement doit désormais rendre compte des résultats : économies réalisées par les ménages, évolution des prix, couverture réelle de la CEAG et impact budgétaire des mesures.
La lutte contre la vie chère ne se mesure pas au nombre de dispositifs annoncés, mais aux FCFA que les ménages parviennent à économiser à la fin du mois.


