DIG / Vendue comme l’arme fatale contre l’inflation, la Centrale d’achat du Gabon (CEAG) s’est évaporée des radars une fois les caméras éteintes.
Six mois après son lancement en grande pompe le 10 avril 2026, l’illusion se dissipe : au-delà des coups de communication, combien les ménages gabonais économisent-ils réellement ? Le silence des données publiques est assourdissant.
Le show des méga-marchés, et après ?
Le 25 avril dernier, le méga-marché d’Angondjé donnait l’illusion de l’action.
Le gouvernement promettait des réductions fracassantes et un maillage permanent dans le Grand Libreville.
Si le sac de riz de 44 kg s’y arrachait à 20 000 FCFA (contre 25 000 FCFA ailleurs), l’arbre cachait mal la forêt : sur d’autres produits de première nécessité, la prétendue révolution s’apparentait à une farce, avec une bouteille d’huile vendue 990 FCFA contre 1 000 FCFA sur les marchés traditionnels.
Dès le mois d’août, les consommateurs dénonçaient des prix identiques à ceux des boutiquiers et une absence totale d’impact sur leur quotidien.
Un milliard de FCFA pour zéro transparence
Avec un capital d’un milliard de FCFA (37 % pour l’État, 63 % pour le privé), l’opacité n’est plus une option, c’est une anomalie.
Où sont les bilans ? Quels sont les volumes réels importés et distribués ? Combien de points de vente pérennes fonctionnent aujourd’hui ?
Sans données chiffrées accessibles, l’affluence désespérée lors des ventes éphémères prouve uniquement la détresse sociale, en aucun cas l’efficacité d’une politique publique.
L’inflation ne se soigne pas avec des braderies
La vie chère ne se guérit pas à coups de foires commerciales occasionnelles.
Restreindre l’accès aux produits abordables à des événements ponctuels relève du saupoudrage politique et n’allège en rien le budget mensuel des familles.
Il est temps pour les autorités de publier des comptes vérifiables plutôt que des slogans.
Six mois après son lancement, le défi du gouvernement n’est plus de prouver que la CEAG existe, mais de démontrer qu’elle sert à quelque chose.
À défaut, elle restera le symbole d’une gouvernance du spectacle : bruyante au lancement, stérile sur le pouvoir d’achat.



