5 mois de suspension des réseaux sociaux : Le Gabon valide le grand bond en arrière !

DIG / Le 17 février 2026, la Haute Autorité de la Communication (HAC) suspendait « jusqu’à nouvel ordre » les réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national, invoquant la diffusion de contenus portant atteinte à la cohésion sociale et à la sécurité nationale.

Cinq mois plus tard, Facebook, Instagram, TikTok et WhatsApp restent toujours « offciellement » inaccessibles pour la grande majorité des Gabonais.

Une série de promesses non tenues

Le scénario s’est répété plusieurs fois. En mars 2026, le ministre de l’Économie numérique Mark-Alexandre Doumba évoquait une levée « question de semaines ».

Le 1er avril 2026, le ministre de la Communication Germain Biahodjow annonçait officiellement une levée progressive de la suspension. Pourtant, il n’en a rien été malgré ces promesses.

Entre-temps, le gouvernement a adopté l’Ordonnance n°0011/PR/2026 du 26 février 2026 portant réglementation de l’usage des réseaux sociaux — mais malgré l’entrée en vigueur de ce texte, les Gabonais sont toujours privés de leurs plateformes.

Un coût économique et numérique croissant

À fin 2025, le Gabon comptait environ 1,87 million d’utilisateurs d’Internet et près de 850 000 utilisateurs de réseaux sociaux, soit près de la moitié de la population.

Priver durablement cette tranche de la population de ses outils numériques a des conséquences réelles : entrepreneurs, créateurs de contenu, commerçants et médias paient le prix d’une décision dont le calendrier de sortie reste introuvable.

Le paradoxe de la visite à Paris

La question du retour des réseaux sociaux prend une résonance particulière au moment où Oligui Nguema effectue une visite d’État à Paris, quelques jours après que le ministre l’Économie numérique, Mark-Alexandre Doumba, a rencontré les responsables de TikTok à Genève pour discuter de mise en conformité.

Il est difficile de se positionner comme futur hub numérique sous-régional tout en maintenant l’un des blocages les plus longs de la sous-région.

Comme le soulignait dès février un observateur gabonais : « Suspendre les réseaux revient aujourd’hui à paralyser une partie significative de l’activité économique et sociale du pays ».

La question n’est plus de savoir si les réseaux sociaux reviendront — mais pourquoi ils ne sont toujours pas revenus.

 

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La Redaction

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