80 milliards de FCFA de taxes aériennes par an : Où va l’argent du ciel gabonais ?

DIG / Au Gabon, le coût élevé des billets d’avion est alimenté par un cumul de taxes et redevances aéroportuaires qui génère près de 80 milliards de FCFA par an.

Dès lors, une question fondamentale fait scandale : Où passe réellement cette immense manne financière ?

77 % pour des opérateurs étrangers, 0 % de modernisation visible

La réponse est accablante. Plus des trois quarts — 77 % — de cette rente fiscale finissent dans les caisses de quatre opérateurs et concessionnaires privés étrangers.

Une captation de richesse nationale d’autant plus intolérable qu’elle ne s’accompagne d’aucune contrepartie visible pour le voyageur ou le contribuable gabonais.

L’aéroport international Léon Mba de Libreville, censé être la vitrine du pays, cumule vétusté des installations, gestion chaotique des bagages et confort rudimentaire.

Il peine à soutenir la comparaison avec les standards régionaux, sans même parler des standards internationaux. À l’intérieur du pays — Oyem, Makokou, Tchibanga, Mouila — le tableau est encore plus sombre : pistes détériorées, équipements de navigation obsolètes, aérogares fantômes.

Les promesses de réhabilitation du réseau aéroportuaire provincial sont un marronnier qui fleurit à chaque discours et ne produit jamais de fruits.

GSEZ et gestionnaires privés : l’heure des comptes

Comment des entités comme GSEZ, qui encaissent chaque année des dizaines de milliards de FCFA au titre du développement aéroportuaire, peuvent-elles laisser le réseau national dans un tel état d’abandon ?

La question n’est pas rhétorique — elle appelle une réponse chiffrée, contrat par contrat, redevance par redevance.

Lorsque 77 % des sommes perçues au nom du « développement aéroportuaire » échappent au contrôle direct de l’État pour alimenter des comptes privés à l’étranger, on ne peut plus parler de mauvaise gestion. C’est une anomalie économique organisée, couverte par des conventions d’affermage et de concession dont les termes n’ont jamais été soumis au regard du public.

Un audit s’impose — sans délai

Le ministère des Transports ne peut pas se contenter d’annoncer de nouvelles taxes aériennes — dont la contribution carbone récemment introduite dans la LFR 2026 — sans rendre des comptes sur l’utilisation des dizaines de milliards déjà prélevés.

Les usagers gabonais ne peuvent pas indéfiniment financer des dividendes extérieurs pendant que l’aéroport de Libreville fait peine à voir et que les lignes intérieures s’éteignent une à une.

L’audit complet des conventions aéroportuaires, la publication des flux financiers réels entre les opérateurs privés et l’État, et la renégociation des contrats déséquilibrés ne sont pas des options.

Ce sont des obligations démocratiques minimales envers des contribuables qui paient le prix fort pour un service qui n’existe pas.

 

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La Redaction

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