DIG / Alors que le Gabon ambitionne de moderniser ses infrastructures stratégiques, le coût annoncé du futur aérogare de Libreville situé à Andeme suscite de nombreuses interrogations.
Avec une enveloppe désormais estimée à 259 milliards de FCFA, le projet fait débat, notamment sur sa soutenabilité financière et son adéquation avec les besoins réels du marché aérien gabonais.
Dans un communiqué au ton critique, publié le 31 juillet 2026, la compagnie nationale FLYGABON pointe un écart jugé important entre le coût de cette infrastructure et les standards observés dans plusieurs pays de la sous-région.
Une facture qui a fortement évolué
Initialement annoncé à un niveau inférieur (200 milliards de FCFA), le budget d’investissement du nouvel aérogare aurait connu plusieurs révisions à la hausse depuis 2018, pour atteindre aujourd’hui la barre des 259 milliards de FCFA.
La construction de cet infrastructure, qui devrait être inaugurée en 2023, a été confiée à l’entreprise burkinabè Ebomaf propriété de l’hommes d’affaires Mahamadou Bonkoungou.
Ce montant apparaît particulièrement élevé au regard des projets similaires réalisés récemment en Afrique centrale et de l’Ouest, dont les coûts se situent généralement dans une fourchette comprise entre 42 et 110 milliards de FCFA selon les capacités et les caractéristiques des infrastructures.
Cette différence alimente une interrogation centrale : quels éléments techniques, financiers ou opérationnels justifient un investissement pouvant représenter jusqu’à plusieurs fois le coût d’autres aérogares comparables dans la région ?
Des choix d’aménagement questionnés
Au-delà du montant global, le débat porte également sur les choix d’implantation et de conception du projet à Andeme. Certains observateurs estiment que l’actuelle plateforme aéroportuaire de Libreville dispose encore de réserves foncières permettant d’envisager des extensions progressives ou des aménagements par phases, potentiellement moins coûteux.
La crainte exprimée est que le poids de cet investissement se traduise, à terme, par une hausse des charges d’exploitation, notamment à travers les redevances aéroportuaires susceptibles d’impacter le prix des billets et la compétitivité de la desserte aérienne du Gabon.
Un investissement opportun ?
Pour FLYGABON, la question dépasse donc le simple coût de construction : il s’agit de déterminer si cette infrastructure répond à une véritable stratégie de développement du transport aérien national ou si elle risque de devenir une charge financière difficile à absorber pour le marché gabonais.
Alors que le pays cherche à accélérer sa transformation économique, l’enjeu sera de garantir que ce nouvel équipement constitue un levier de croissance durable plutôt qu’un investissement disproportionné au regard des capacités nationales.



