DIG/ L’Agence gabonaise de normalisation (Aganor) a lancé le 10 août 2026 une nouvelle campagne de contrôle des balances commerciales dans le Grand Libreville, avec pour ambition affichée de couvrir l’ensemble des provinces en trois mois.
Une opération présentée comme une première ligne de défense contre la vie chère. Mais ce type de campagne n’a rien d’inédit : l’Aganor avait déjà mené une vaste opération de contrôle en 2020, dont les résultats donnent la mesure du problème.
Un précédent édifiant
Sur près de 7 600 balances commerciales contrôlées en 2020 dans cinq des neuf provinces du pays, l’agence avait établi que 90% des instruments utilisés pour la vente de denrées alimentaires n’étaient pas conformes à l’activité commerciale, et 30% ne respectaient pas la législation en vigueur.
Face à ce constat, le directeur général de l’époque, Abdu Razaaq Guy Kambogo, avait sommé les commerçants de réparer ou remplacer leurs balances avant le 1er décembre 2021, sous peine de contrôles renforcés.
Le problème persiste-t-il à ce niveau ?
Cinq ans après cette alerte, la nouvelle campagne relance la même mécanique : contrôle sur le terrain, vignette verte pour la conformité, étiquette rouge pour la non-conformité.
Rien dans la communication de l’Aganor n’indique, cependant, si un bilan chiffré de la campagne 2020-2021 a été dressé, ni si les seuils de non-conformité ont réellement reculé depuis. L’absence de données récentes rend difficile toute évaluation de l’efficacité des campagnes précédentes.
Des sanctions annoncées, mais appliquées ?
En 2021 déjà, l’Aganor promettait des « contrôles plus rigoureux » après la date butoir de décembre. Quatre ans plus tard, la nouvelle campagne ne mentionne, pour l’instant, que le marquage des instruments par vignettes, sans détailler le régime de sanctions applicable aux récidivistes.
Cette récurrence interroge : s’agit-il d’un dispositif de contrôle qui monte en puissance, ou d’un cycle de campagnes ponctuelles dont l’effet dissuasif s’estompe entre deux opérations ?
Ce qu’il reste à savoir
Pour mesurer la portée réelle de cette nouvelle offensive, il faudrait connaître le taux de non-conformité constaté lors des précédents contrôles post-2021, le nombre de sanctions effectivement appliquées, et les moyens humains et logistiques dont dispose l’Aganor pour tenir son objectif de couverture nationale en trois mois, un délai serré au regard du retard pris par la campagne de 2020, qui n’avait couvert que cinq provinces sur neuf.



