Oligui Nguema en tournée des chantiers : « Je peux même dire que je suis peut-être à 40 ou à 50 % en un an »

DIG/ Le président de la République, Brice-Clotaire Oligui Nguema, a visité le 12 août 2026 plusieurs chantiers achevés ou en voie d’achèvement à Libreville, dans une tournée présentée comme la démonstration d’une modernisation accélérée de la capitale.

Le chef de l’État s’est montré offensif sur le bilan de son mandat de 7 ans , revendiquant une avance sur son propre projet de société : « Je peux même dire que je suis peut-être à 40 ou à 50 % en un an », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant persister des difficultés d’accès à l’eau et à l’électricité, un aveu qui tranche avec le triomphalisme affiché autour des infrastructures visitées.

La promenade du bord de mer, vitrine et terrain sensible

Parmi les sites visités, l’aménagement du bord de mer occupe une place centrale : une allée bétonnée de 1,5 km dédiée à la course à pied, des espaces verts, un éclairage solaire et des kiosques pour les vendeurs de produits locaux. Le projet est présenté comme répondant à la fois à des enjeux d’érosion marine et à une logique de restitution de l’espace public aux citoyens.

Ce site n’est cependant pas exempt de controverses : le chantier voisin du monument Georges Damas Aleka, sur ce même front de mer, a fait l’objet d’interrogations sur son coût, proche de 9 milliards de FCFA, et sur des retards liés à ce qui a été surnommé « l’affaire Mauro ».

La communication officielle autour de la promenade tend à occulter ces tensions budgétaires qui pèsent sur l’ensemble du dossier du bord de mer.

Gymnase, canal de Guégué : des taux d’avancement à nuancer

Le futur gymnase de Libreville, sur le site de l’ancien Prytanée militaire, affiche un taux d’avancement de 80 %, porté dans le cadre de la responsabilité sociétale de l’entreprise Mika Services.

Au canal de Guégué, les travaux atteignent ,quant à eux plus, de 35 % de réalisation physique, avec un volet routier censé désenclaver plusieurs quartiers.

Ces chiffres, avancés sans grille de comparaison ni calendrier contraignant rendu public, restent difficiles à vérifier de manière indépendante et relèvent pour l’instant essentiellement de la communication institutionnelle.

Une communication d’autosatisfaction qui laisse peu de place à la contradiction

Les prises de parole recueillies lors de la visite illustrent un registre unanimement laudatif, à l’image de ce responsable local qui s’est dit « très très agréablement heureux » de l’avancement des investissements, appelant à se tenir « derrière le président de la République ».

Ce type de séquence, récurrente dans les tournées présidentielles, interroge sur la place laissée à une évaluation critique et contradictoire des chantiers, alors même que les autorités gabonaises elles-mêmes reconnaissent des lacunes persistantes sur des besoins de base comme l’eau et l’électricité.

Entre réalisations et attentes non comblées

Au terme de cette tournée, le tableau qui se dessine est celui d’un exécutif mettant en avant des réalisations tangibles : voiries, équipements sportifs, aménagements urbains, tout en repoussant à plus tard la réponse aux attentes les plus immédiates de la population.

Le président a, lui-même, reconnu que le jugement final reviendrait aux Gabonais, formule qui suggère une conscience du décalage entre la communication d’étape et l’appréciation populaire à venir, notamment sur les secteurs les plus sensibles du quotidien.

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La Redaction

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