DIG / Au terme d’une instruction ouverte en 2010 à Paris, le Parquet national financier (PNF) français a requis, le 27 juillet 2026, le renvoi devant le tribunal correctionnel de BNP Paribas ainsi que de plusieurs enfants du défunt président Omar Bongo Ondimba, soupçonnés d’avoir participé au détournement et au blanchiment de fonds publics dans le cadre de l’affaire des « Bien mal acquis ».
Le patrimoine immobilier et financier identifié par les magistrats est estimé à près de 55,7 milliards de FCFA (85 millions d’euros), acquis illégalement sur le sol français.
La part immobilière seule — une douzaine d’hôtels particuliers et villas de luxe à Paris et sur la Côte d’Azur — est évaluée à plus de 21 milliards de FCFA (32 millions d’euros), dont deux hôtels particuliers dans les VIIIe et XVIe arrondissements de Paris pour près de 14 milliards de FCFA, et la villa Saint-Ange à Nice pour plus de 1,1 milliard de FCFA.
BNP Paribas : rouage présumé du blanchiment
La première banque française est mise en cause pour de graves manquements à ses obligations de vigilance.
Les enquêteurs soupçonnent l’établissement d’avoir permis le transit de 23 à 34 milliards de FCFA (35 à 52 millions d’euros) entre Libreville et Paris via une société de décoration intérieure, Atelier 74, utilisée comme prête-nom pour acquérir et rénover les résidences de la famille présidentielle gabonaise grâce à des versements massifs en espèces et des chèques de banque suspects.
Si les juges d’instruction suivent les réquisitions du PNF, BNP Paribas et les ayants droit d’Omar Bongo devront répondre devant le tribunal correctionnel de Paris de blanchiment de détournement de fonds publics et de corruption.



