Budget 2026 de l’AGATOUR : 83 % pour les salaires, 17 % pour le fonctionnement et… 0% pour l’investissement

DIG / Le budget 2026 de l’Agence gabonaise de développement et de promotion du tourisme (Agatour), établi à 468,5 millions de FCFA, illustre avec une brutalité arithmétique le mal chronique qui ronge les tours opérateurs publics gabonais : une masse salariale hors de proportion avec des moyens insignifiants déployés sur le terrain.

Sur les 468,5 millions alloués à l’Agatour pour l’exercice en cours, 392 millions partent en charges de personnel. Il ne reste que 76,5 millions pour couvrir l’intégralité des dépenses opérationnelles (déplacements, communication, partenariats, événements).

Une enveloppe qui peine à financer une présence sérieuse sur un seul salon international, a déploré le Conseil d’administration tenu le 24 avril 2026 sous la présidence de Estelle Flore Angangou (PCA).

La situation devient encore plus préoccupante à la lumière des besoins réels.

L’AGATOUR chiffre à 827,6 millions FCFA les ressources nécessaires à son Plan d’action 2026, et à 1,3 milliard pour déployer sa Stratégie Horizon 2030.

L’écart entre ce qui est alloué et ce qui est requis traduit une agence structurellement sous-financée, condamnée à gérer des charges fixes sans capacité d’action.

Investissement ZERO

Depuis trois ans, aucun budget d’investissement n’a été versé à l’agence. Ce gel prolongé prive AGATOUR de toute capacité à moderniser ses outils, à développer des produits touristiques ou à financer des études de marché.

L’agence tourne à vide, absorbée par sa propre masse salariale, incapable de remplir la mission pour laquelle elle a été créée.

« Douze ans après sa création, l’Agatour ne parvient toujours pas à décoller, malgré le fort potentiel dont dispose le pays » , a regretté la PCA.

Réflexion

Face à ce constat, le Conseil d’administration a acté la création de deux commissions ad hoc, chargées respectivement de proposer des mécanismes de financement innovants et de réviser la gestion des ressources humaines.

Des chantiers nécessaires. Mais qui posent, en filigrane, une question plus fondamentale : peut-on réformer une agence publique sans d’abord revoir le modèle qui l’a conduite à consacrer l’essentiel de ses ressources à sa propre existence

 

 

 

 

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La Redaction

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