CNAMGS : 1,2 million de Gabonais économiquement faibles, un système à bout de souffle

DIG / Plus de 60 % de la population gabonaise est déclarée économiquement faible et couvert par la CNAMGS.

Face à eux, seulement 600 000 cotisants pour financer leurs prestations. Un ratio de un pour deux qui rend le système mécaniquement insolvable.

En posant publiquement cette équation, Brice Clotaire Oligui Nguema reconnaît ce que beaucoup soupçonnaient : La CNAMGS ne souffre pas d’une simple mauvaise gestion, elle est structurellement sous-financée.

Des prestataires à bout de patience

Ce déséquilibre a des conséquences directes et visibles pour les Gabonais : Pharmacies refusant les prises en charge, cliniques et hôpitaux ne respectant plus leurs conventions avec la caisse.

En d’autres termes, le système se grippe faute de remboursements dans les délais.

Le président en convient sans détour :  « Quand une pharmacie refuse une prise en charge, c’est le pacte social qui se fissure » a indiqué le Chef de l’État lors d’une interview accordée, le 3 avril 2026, au quotidien l’Union.

Il en a profité pour annoncer un audit complet du système de conventionnement, assorti d’un plan de redressement et des délais de paiement aux prestataires.

Recalibrer les fonds, une urgence

Pour le président de la République, la priorité est de coller à la réalité.

Il appelle ainsi à un audit des Gabonais économiquement faibles, afin de vérifier et d’actualiser le registre des bénéficiaires, puis de réajuster les différents fonds en conséquence.

L’enjeu est de taille : tant que le nombre de bénéficiaires ne correspond pas aux capacités réelles de financement, aucune réforme de surface ne suffira à stabiliser la CNAMGS.

Le Fonds 4, solution ou pari ?

C’est la réponse structurelle qu’Oligui Nguema met en avant : la création du Fonds 4, présenté comme la clé de voûte du redressement.

Ce mécanisme doit permettre de rééquilibrer la charge financière entre contributeurs et bénéficiaires, en dotant la caisse d’une assise budgétaire adaptée à l’ampleur réelle de la population prise en charge.

Sa mise en place rapide est désormais présentée comme une condition de survie de l’institution.

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La Redaction

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