Code de la Nationalité, Nationalisation des dirigeants de banque… : Pourquoi Ntoutoume Ayi dit NON !

DIG / Le député du 2e arrondissement de la commune d’Akanda Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a livré, le 8 juillet 2026 au cours du conférence de presse dans son QG à Akanda, le bilan de la première session parlementaire de la 14e législature.

Au-delà du bilan chiffré de sa première session parlementaire, le député d’Akanda a consacré une large partie de son échange avec la presse à justifier de long en large les motifs de son opposition sur quatre textes majeurs : la loi de finances rectificative, le Code de la nationalité, le Code de la communication et le texte sur la désignation des directeurs généraux de banques et d’assurances.

L’endettement, ligne rouge budgétaire

Sur la loi de finances rectificative, le député opère une distinction fine entre recettes et dépenses. « Je ne peux pas tenir le propos que je tiens sur l’endettement du pays et voter la loi des finances rectificative en recettes », justifie-t-il, estimant que ce texte « poursuit la même cavalerie budgétaire en termes d’endettement » qu’il dénonce depuis le débat d’orientation budgétaire.

Il a en revanche voté le volet dépenses, « parce que la partie dépenses répondait aux préoccupations ou des Gabonais ou des ministères », tout en reconnaissant : « On pourra me dire que si tu votes tes dépenses, tu ne les équilibres pas. Je dis qu’on peut les équilibrer autrement. »

Un Code de la nationalité accusé de fracturer l’unité nationale

C’est sur ce texte que l’argumentaire du parlementaire se fait le plus tranchant. « C’est un code qui envoie un mauvais message au pays. C’est un code qui veut nous faire croire qu’il y a maintenant plusieurs catégories de Gabonais », affirme-t-il, rappelant qu’« aux Nations unies, les seuls autochtones du Gabon, ce sont les Pygmées ».

Il dénonce une dérive identitaire : « On est en train d’insinuer que le vrai Gabonais, c’est la Myéné, c’est le Fang… Non ! Moi, des textes comme ça qui divisent notre pays, je ne suis pas d’accord avec ça. »

Nationalité et compétence : le cas des directeurs généraux de banques

Le même refus vaut pour le texte imposant la nationalité gabonaise aux directeurs généraux de banques et d’assurances.

« On doit laisser aux entreprises la possibilité de recruter les meilleurs talents et les meilleures compétences », plaide-t-il, citant l’exemple d’AFG Gabon, dont le actuel directeur général gabonais « n’a pas attendu qu’on mette une loi pour imposer les Gabonais » avant de faire carrière dans l’entreprise.

Il met en garde contre un effet boomerang pour les groupes bancaires gabonais implantés à l’étranger : « BGFIBank a des filiales dans plus de 8 ou 12 pays. Si tous les pays disent maintenant qu’il faut un Camerounais pour diriger BGFI Cameroun, un Sénégalais pour BGFI Sénégal… Non ! »

Réseaux sociaux : un désaccord sur le régulateur, pas sur la régulation

Sur le Code de la communication, Ntoutoume Ayi ne conteste pas le principe d’un encadrement des réseaux sociaux, mais dit non à son rattachement à la Haute Autorité de la Communication.

« Les réseaux sociaux ne sont pas à être régis par la HAC. C’est mon point de vue. Les réseaux sociaux doivent être régis par le code pénal et la justice », tranche-t-il, ajoutant : « Je ne veux pas d’une HAC qui va dire que tu as oublié une virgule, donc tu vas avoir un avertissement. »

Une position qu’il relie à la coupure des réseaux sociaux, déjà jugée illégale selon lui : « La modification du code de la communication, c’est comme si on voulait maintenant venir légaliser l’illégalité. »

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La Redaction

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