DIG / Le gouvernement gabonais a engagé une nouvelle offensive judiciaire dans les dossiers opposant l’État aux sociétés Webcor et Santullo-Sericom.
Selon un article d’Africa Intelligence publié le 28 mai 2026, les avocats de Libreville cherchent désormais à faire annuler devant la justice française les protocoles d’accord transactionnels signés en 2024 avec ces entreprises, jugés aujourd’hui « abusifs » par les autorités gabonaises.
Ces litiges, qui remontent à plusieurs années, concernent d’importants marchés publics et des indemnisations réclamées à l’État gabonais pour plusieurs dizaines de milliards de FCFA.
Dans le dossier Webcor, un accord prévoyait notamment le versement d’environ 100 millions d’euros (plus de 65 milliards de FCFA) à l’entreprise française après le contentieux autour du Grand Marché de Libreville.
Libreville conteste désormais la validité de cet engagement, estimant que certains responsables de l’Agence judiciaire de l’État n’avaient pas compétence pour signer de tels accords.
Une bataille judiciaire à forts enjeux financiers
Pour les autorités gabonaises, l’objectif est double : limiter l’impact budgétaire de ces contentieux et reprendre le contrôle de dossiers considérés comme sensibles pour les finances publiques.
Cette stratégie s’inscrit dans la volonté affichée par le pouvoir de renforcer la rigueur dans la gestion des engagements de l’État.
Mais cette contre-attaque judiciaire comporte aussi des risques. Une multiplication des procédures et l’incertitude autour des contrats publics pourraient alimenter les inquiétudes des investisseurs étrangers sur la sécurité juridique des affaires au Gabon.
Paris au cœur du bras de fer
Le dossier doit connaître une nouvelle étape judiciaire en septembre prochain à Paris, où les différentes parties préparent déjà de nouveaux arguments.
Cette affaire illustre les tensions persistantes entre Libreville et plusieurs partenaires privés internationaux autour des grands contrats publics hérités des précédentes années.



