DIG / Les restrictions d’accès à internet se multiplient en Afrique centrale. Mais elles ne constituent pas une réponse durable aux crises politiques, estime un rapport publié par l’Institut for Security Studies (ISS).
Selon le rapport, les coupures du réseau ou des réseaux sociaux, souvent décidées lors d’élections, de manifestations ou de tensions institutionnelles, freinent temporairement la circulation de l’information sans traiter les causes profondes de l’instabilité.
L’étude souligne également le coût économique élevé de ces mesures : ralentissement des activités commerciales, perturbation des services numériques, perte de confiance des investisseurs et difficultés pour les citoyens à communiquer ou à travailler.
Coût élevé
En 2024, le continent africain a enregistré 25 interruptions majeures, principalement motivées par des contextes électoraux ou des protestations politiques.
Entre 2016 et 2024, 193 coupures imposées par l’État ont été répertoriées dans 41 pays africains.
En 2025, ces interruptions ont coûté à l’économie de l’Afrique subsaharienne environ 1,11 milliard de dollars soit 615 milliards de FCFA.
Dénonciation
Les organisations internationales comme la Commission internationale des juristes (CIJ) dénoncent ces pratiques comme des violations de la liberté d’expression et d’accès à l’information.
Bien que les autorités invoquent la lutte contre la désinformation ou les discours de haine, les experts d’organismes comme le ISS Africa soulignent que ces mesures ne règlent pas les crises politiques profondes et peuvent même exacerber l’instabilité.
« Les restrictions répétées nuisent à la confiance des investisseurs et freinent les ambitions de transformation digitale des États », soulignent-ils.
Le Gabon figure parmi les pays récemment concernés, après des restrictions sur certaines plateformes sociales en février 2026.
Pour de nombreux analystes, la stabilité en Afrique centrale passera davantage par le dialogue politique, la transparence électorale et des institutions crédibles que par la fermeture du web.



