DIG / Au sortir du Gabon Economic Forum, Alain-Claude Kouakoua, président de la Fédération des Entreprises du Gabon, a livré une déclaration significative sur le dossier le plus sensible du moment : l’apurement de la dette intérieure de l’État envers les entreprises.
Entre annonces concrètes et mises au point politiques, le patron des patrons gabonais a posé des jalons.
15 juillet comme date butoir
Travaillant en concertation avec la Task Force et le ministère de l’Économie, la FEG s’est fixé une échéance précise : le 15 juillet prochain pour soumettre aux autorités un programme structuré de remboursement.
L’État ne pouvant honorer l’intégralité de sa dette d’un coup, un échéancier étalé sur cinq ans maximum est envisagé, conçu pour alléger simultanément la pression sur les entreprises créancières et sur le Trésor.
Des propositions que l’État « devrait éventuellement accepter », selon les termes mêmes du président de la FEG.
Dette certaine contre dette incertaine : un tri nécessaire
Le président Kouakoua a introduit une distinction capitale dans le traitement du dossier : la séparation entre dette certaine et dette incertaine.
Certains créanciers auraient présenté des documents ne méritant pas d’être retenus, selon ses termes. Seule la dette certaine, validée conjointement avec la Task Force et le ministère de l’Économie, fera l’objet des discussions à venir.
Une clarification qui suggère que le montant réel de la dette estimé à plus de 4 340 milliards de FCFA fin 2025 pourrait être revu à la baisse après audit.
50% déjà réglé depuis le CTRI, selon la FEG
Le président de la FEG a tenu à corriger une perception largement répandue : la moitié de la dette intérieure aurait déjà été remboursée depuis l’arrivée du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions.
« Beaucoup ont été payés. Ils ne le disent pas, ils ne le communiquent pas », a-t-il déclaré, dénonçant implicitement un déficit de communication qui nourrit un sentiment de statu quo injustifié.
Parallèlement, il a ouvert un autre chantier : la fiabilité des données sociales du pays, pointant les anomalies du Fonds 3 où figurent encore des actifs économiques, et questionnant ouvertement le chiffre de 1 350 000 actifs économiques réels au Gabon.
Un signal fort sur la nécessité d’un audit structurel préalable à toute réforme fiscale ou sociale crédible.



