Digitalisation : L’administration gabonaise est-elle (réellement) prête à passer au numérique ?

DIG / Le Secrétaire général du gouvernement Abdu Razzaq Guy Kambogo a présidé, le 11 mai 2026, une séance de travail consacrée à l’état d’avancement de la Gestion Électronique des Documents (GED) et du Portail Gouvernemental des Services (PGS), deux outils phares du programme Gabon Digital.

L’ambition est de moderniser l’action publique, réduire les délais administratifs et rapprocher l’État du citoyen.

Mais derrière les annonces, une question s’impose : Une administration longtemps critiquée pour sa lenteur, son cloisonnement est-elle réellement prête à franchir le cap du numérique ?

Une transition à petits pas

Le dispositif adopté mise sur la prudence. Plutôt qu’un basculement brutal, les autorités ont opté pour une approche progressive : inventaire des archives existantes, classement structuré des documents, puis lancement d’une phase pilote dans des structures ciblées avant toute généralisation.

Le circuit de traitement du courrier administratif, lui aussi, sera revu pour substituer progressivement les échanges physiques à un système de transmission encadré et traçable.

Une méthode raisonnée, certes, mais qui interroge sur le calendrier réel de déploiement à l’échelle de l’ensemble des administrations.

Le portail : une promesse de guichet unique

Pendant ce temps, le Portail Gouvernemental des Services se dessine comme un point d’entrée unique vers les démarches publiques. L’idée est séduisante : centraliser les procédures sur une seule plateforme pour gagner en lisibilité et en efficacité.

Mais à quel rythme ces services seront-ils effectivement intégrés ? Et dans quelle mesure les citoyens, notamment ceux éloignés des centres urbains ou peu familiers des outils numériques, pourront-ils en bénéficier concrètement ?

Logistique et formation : le nerf de la guerre

C’est là que le bât blesse. La digitalisation de l’administration ne se décrète pas ; elle se construit. Elle suppose des infrastructures fiables, un équipement informatique suffisant dans chaque service et, surtout, une formation sérieuse des agents publics à ces nouveaux outils.

Or, l’administration gabonaise souffre structurellement d’un déficit de ressources humaines qualifiées en matière numérique.

Sans investissement massif et coordonné dans la montée en compétences des fonctionnaires, les outils risquent de rester lettre morte.

Le numérique comme test de crédibilité

La réussite de ces chantiers sera un indicateur fort de la capacité des autorités de transition à transformer concrètement l’État.

GED, PGS, dématérialisation du courrier : les outils existent, la volonté politique semble là.

Mais la digitalisation de l’administration gabonaise se jouera moins dans les salles de réunion que sur le terrain, dans les bureaux, les guichets et les connexions internet qui, trop souvent, font encore défaut.

 

 

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La Redaction

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