Gabon : 73 % des entreprises industrielles sont dirigées par des expatriés

DIG / L’enquête nationale sur le secteur industriel gabonais, lancée en 2024 avec l’appui de la Banque africaine de développement (BAD) et pilotée par le ministère de l’Industrie et de la Transformation locale, livre des résultats qui font réfléchir.

Restitués au Vice-président du gouvernement, Herman Immongault le 12 ma 2026, ces chiffres dressent le portrait d’un secteur structurellement déséquilibré, où la place des compétences nationales reste marginale.

Un secteur aux mains des expatriés

Le constat est net : sur 188 entreprises industrielles recensées au Gabon, 137 sont dirigées par des expatriés, contre seulement 51 par des Gabonais.

Soit un ratio de 73% d’étrangers pour 27 % de nationaux.

En d’autres termes, moins d’un dirigeant sur trois est de nationalité gabonaise.

Un rapport qui interroge directement sur la capacité du pays à piloter son propre appareil productif, alors que les ressources naturelles et les investissements en jeu sont pourtant considérables.

Libreville, seul centre de gravité

La concentration géographique aggrave le tableau.

Sur les 190 entreprises recensées à l’échelle nationale, 127 sont implantées dans la seule province de l’Estuaire.

Le Grand Libreville capte ainsi près de 67 % du tissu industriel formel du pays, laissant les autres provinces en marge d’une dynamique qui peine déjà à s’affirmer au niveau national.

Des entreprises hors cadre légal

L’enquête pointe également un déficit de conformité réglementaire : plusieurs entreprises exercent leurs activités sans disposer de l’agrément technique industriel, pourtant obligatoire.

Une situation qui révèle non seulement des lacunes dans les mécanismes de contrôle, mais aussi une fragilité dans la capacité de l’État à réguler effectivement un secteur qu’il entend pourtant moderniser.

Des données pour bâtir une politique

Face à ces déséquilibres, le ministre de l’Industrie et de la Transformation locale, Lubin Ntoutoume, a insisté sur la nécessité de fonder toute politique industrielle sur des données fiables.

Il a pointé des « faiblesses dans les mécanismes de collecte, de traitement et de diffusion des données industrielles » ainsi qu’une « fragmentation des sources d’information ».

Cette enquête, menée avec l’appui de la BAD, doit servir de socle à la modernisation du système d’information industrielle du Gabon et à une meilleure orientation des politiques publiques en matière d’industrialisation.

 

 

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La Redaction

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