Droit de Grève : Oligui Nguema hausse le ton et trace une ligne rouge

DIG / En affichant une fermeté sans équivoque dans L’Union du 13 août 2026, le président Brice Clotaire Oligui Nguema vient de tracer une ligne rouge face aux mouvements sociaux : « C’est fini le chantage. Celui qui décide de rentrer en grève doit en assumer les conséquences. »

Cette sortie marque un virage politique dans le rapport de force entre le pouvoir central et les partenaires sociaux. En qualifiant les débrayages de « chantage », le chef de l’État cherche à recadrer la contestation sociale et à priver les grèves répétitives de leur légitimité aux yeux de l’opinion publique.

Le patriotisme du travail contre la paralysie

Arborant sa casquette marquée du slogan « Gabon d’Abord », le président inscrit son message dans une logique de priorité nationale. Le sous-texte est clair : l’heure est à la reconstruction et à la discipline collective.

Toute interruption concertée du travail est désormais assimilée à une entrave au redressement du pays.

L’avertissement laisse entrevoir un durcissement concret : application stricte du principe du service fait pour les retenues salariales, procédures disciplinaires contre les agents récalcitrants, et pression sur les centrales syndicales pour qu’elles privilégient la continuité du service au rapport de force.

Un pari politique risqué

Si cette démonstration d’autorité vise à rassurer le secteur privé et à garantir la continuité du service public, elle comporte des risques réels.

La fermeté affichée peut exacerber le ressentiment d’une classe travailleuse déjà éprouvée par la vie chère, les retards de salaire et la crise hydrique.

Fermer la porte au chantage est une chose — fermer la porte au dialogue social en est une autre.

Le vrai test pour le gouvernement ne sera pas de sanctionner les grévistes, mais de démontrer que les griefs qui alimentent ces mouvements — pouvoir d’achat, conditions de travail, arriérés de salaire — sont réellement pris en charge.

Sans cela, la fermeté présidentielle risque d’étouffer temporairement la contestation sans en résorber les causes.

 

 

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La Redaction

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