Eau & électricité : Tonangoye limogé, l’échec du service public demeure

DIG / Le départ de Philippe Tonangoye du ministère de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, le 11 octobre 2026, sanctionne politiquement une situation devenue difficilement soutenable : les pénuries d’eau et les délestages persistent, malgré les annonces et les promesses de réforme.

Le fusible plutôt que le système ?

En remplaçant Philippe Tonangoye par Olivier Mouckocko, l’exécutif envoie un signal d’insatisfaction.

Reste que la responsabilité ne peut être réduite à un seul homme. Gouvernance des opérateurs, insuffisance des investissements, vétusté des infrastructures et difficultés d’approvisionnement constituent autant de défis qui exigent des réponses structurelles.

Le risque est connu : faire du remaniement une réponse politique immédiate à une crise dont les causes, elles, demeurent intactes.

Sans calendrier contraignant, objectifs mesurables et obligation de rendre compte, le changement de titulaire pourrait n’être qu’un nouvel épisode dans la gestion récurrente des urgences.

L’eau et l’électricité, juges de paix

Pour les ménages comme pour les entreprises, l’enjeu n’est pas de savoir qui occupe le ministère, mais de pouvoir accéder régulièrement à l’eau et à l’électricité.

Le nouveau ministre sera donc jugé sur des résultats concrets : réduction des coupures, amélioration de la desserte et exécution effective des réformes annoncées.

Au Gabon, limoger un ministre peut traduire une volonté de rupture. Mais tant que le service ne s’améliore pas, la sanction politique ne règle rien : elle déplace la responsabilité sans garantir la solution.

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La Redaction

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