DIG / Une enquête publiée par la plateforme Forbidden Stories révèle que le Maroc aurait ciblé plusieurs personnalités gabonaises de premier plan à l’aide du logiciel espion Pegasus.
Cette mise sous surveillance est survenue juste après l’accident vasculaire cérébral (AVC) d’Ali Bongo en 2018, au moment où le pays traversait une phase de grande incertitude politique.
Des cibles stratégiques au sommet de l’État
Les numéros de téléphone introduits dans le système de piratage informatique appartenaient à des acteurs majeurs du pouvoir et de l’opposition :
-Noureddin Bongo Valentin, le fils de l’ancien président.
-Brice Laccruche Alihanga, alors directeur de cabinet d’Ali Bongo.
-Jean Ping, la figure de proue de l’opposition. Son numéro a été identifié parmi les cibles potentielles en mars 2019.
Anticiper une transition politique
Selon une source sécuritaire proche du royaume marocain, Rabat cherchait à anticiper la suite des événements en coulisses pour protéger ses intérêts.
« Le pays était en émoi. Pour le Maroc, il était absolument essentiel de savoir ce qu’ils préparaient », explique cette source.
La réaction des personnalités visées
Contacté par Forbidden Stories, Jean Ping a réagi avec prudence. S’il rappelle que « les écoutes téléphoniques sont courantes au Gabon », l’ancien candidat à la présidentielle de 2016 prévient : « Si cela est avéré, je pourrais porter plainte ».
D’une manière générale, les proches des personnalités ciblées se montrent sceptiques quant à l’utilisation d’une technologie aussi coûteuse que Pegasus à leur encontre.



