DIG / Le lancement, le 16 juillet de la campagne d’enlèvement des encombrants dans le 6ème arrondissement s’inscrit dans une longue série d’initiatives similaires menées par la municipalité de Libreville au fil des années.
Remorquages d’épaves, déguerpissements, mobilisation de plusieurs directions techniques : le dispositif affiché est large.
Reste une question que le communiqué officiel n’aborde pas frontalement : cette opération s’appuie-t-elle sur un plan structurel, ou reproduit-elle le schéma classique de l’intervention ponctuelle, très visible sur le moment, mais sans suite durable ?
Un choix de terrain qui interroge la méthode
Le 6ème arrondissement a été retenu en raison de l’ampleur des dépôts sauvages et du nombre d’épaves recensées.
Ce critère quantitatif suggère l’existence d’un diagnostic préalable, mais aucun élément public ne permet de savoir s’il s’agit d’un état des lieux communal exhaustif, couvrant l’ensemble du territoire, ou d’un simple constat de terrain motivant une intervention isolée.
Sans cartographie rendue publique ni calendrier annoncé pour les arrondissements suivants, il est difficile d’évaluer si la démarche procède d’une planification d’ensemble ou d’une réponse au cas par cas.
Le nerf de la guerre : moyens et continuité
La mobilisation simultanée de la DGCHAU, de la DGE, de l’IGM et de la DGF pour une seule journée d’intervention donne la mesure des moyens humains et logistiques nécessaires à ce type d’opération.
Se pose alors la question de la soutenabilité : ce niveau de mobilisation interdirectionnelle peut-il être maintenu dans la durée et étendu aux autres arrondissements, ou correspond-il à un effort exceptionnel concentré sur un lancement médiatisé ?
Le partenariat noué avec Clean Africa, présenté comme un renforcement de la filière salubrité urbaine, pourrait constituer un début de réponse s’il se traduit par un dispositif permanent de collecte et de traitement des épaves, plutôt que par une collaboration ponctuelle greffée à l’événement.
L’angle mort du suivi
Le communiqué évoque des véhicules « marqués en vue de leur enlèvement lors des prochaines interventions », ce qui laisse entendre une suite programmée.
Mais aucun indicateur de résultat, aucun échéancier ni mécanisme de suivi n’est mentionné pour mesurer, dans les mois à venir, si les dépôts sauvages reculent réellement ou si les mêmes zones redeviennent des points de fixation une fois l’attention médiatique retombée.
C’est précisément l’absence de ce type d’indicateurs qui a limité la portée des opérations comparables menées par le passé.
Ce que la suite dira
La détermination affichée par le maire Eugène Mba de faire de Libreville une ville plus propre ne pourra être jugée qu’à l’aune des prochaines étapes : la campagne se poursuit-elle effectivement dans les autres arrondissements avec la même intensité, un bilan chiffré est-il publié, et le partenariat avec les acteurs privés de la salubrité se traduit-il par un dispositif pérenne ?
Ce sont ces éléments, plus que l’annonce elle-même, qui permettront de distinguer une politique de gestion durable des déchets urbains d’une opération de communication municipale.



