DIG / Le remaniement gouvernemental du 11 octobre 2026 a été marqué par un choix stratégique, la nomination d’Edgard Moukoumbi au ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation. Le président de la République confie à l’ancien ministre des Travaux publics la mission de restaurer l’autorité d’une institution policière en crise.
Cette nomination intervient dans un climat de profonde méfiance entre la population et les forces de l’ordre, cristallisée par la découverte d’un corps à Nzeng-Ayong le 19 août 2026, suite à une intervention policière.
Les statistiques sont alarmantes. Selon le réseau Afrobaromètre, seuls 25 % des Gabonais déclarent faire confiance à la police, et 51 % de ceux qui la sollicitent affirment avoir dû verser un pot-de-vin.
La méthode forte : le bilan des Travaux Publics
Pour éradiquer le racket et l’impunité, l’exécutif mise sur un homme à poigne.
Surnommé le « Bousilleur » pour sa fermeté contre les occupations illégales de la voie publique, Edgard Moukoumbi affiche un bilan comptable inédit.
Le 9 octobre dernier, il présentait aux députés un taux d’exécution budgétaire de 195,86 % pour la Mission 15 de son ministère, avec près de 398 milliards de FCFA investis.
En quasiment près de 3 ans, il a imposé un rythme effréné sur le terrain, supervisant des chantiers colossaux comme l’axe Makokou–Mékambo long de 260 km avec 3 200 emplois créés ou encore l’axe Alembé-Mikouyi 306 km pour un budget de plus de 367 milliards de FCFA.
Cap sur la sécurité et la décentralisation
Le défi d’Edgard Moukoumbi est double. D’une part, transposer sa méthode de « tolérance zéro » jusqu’ici appliquée aux entreprises de BTP défaillantes, aux effectifs de la police nationale.
D’autre part, il devra capitaliser sur sa maîtrise du terrain acquise lors de ses tournées sur les chantiers provinciaux pour piloter le volet Décentralisation et répondre aux fortes attentes de l’arrière-pays.



