DIG / Créée en 2024, la Société d’agriculture et d’élevage du Gabon (SAEG) devait incarner le renouveau agricole après la SOTRADER.
Moins de deux ans plus tard, le Conseil des ministres du 26 février 2026 décidait de la supprimer au profit d’AGROPAG, qui héritait de ses compétences, activités et patrimoine.
L’ancien Premier ministre, Raymond Ndong Sima, nommé PCA dès le 19 février 2026, devait piloter cette transition.
Pourtant, l’AGROPAG n’a jamais vraiment pris le relais. Pourquoi une réforme annoncée avec autant de solennité est-elle restée lettre morte ?
Un vice juridique révélateur
La réponse tient en partie au droit. Les ordonnances n°0014 et n°0015/PR/2026, qui organisaient la dissolution, n’ont pas été ratifiées et sont donc devenues caduques.
La SAEG existe de nouveau juridiquement, mais sans organe de direction.
Le Conseil des ministres du 8 octobre 2026 a donc décidé de la placer sous administration provisoire pour 90 jours maximum, confiée au directeur général de l’Agriculture.
Cet oubli procédural est-il un simple accident ou le symptôme d’une réforme préparée dans la précipitation ?
Des salariés et un secteur dans l’incertitude
Le coût de cette indécision est d’abord social : les arriérés de salaires s’accumulent à la SAEG comme à AGROPAG, et le gouvernement a demandé le règlement urgent d’un premier tiers.
Qui paie l’attentisme institutionnel, sinon les agents ? Le coût est aussi économique : le Gabon importe environ 90 % de ses besoins alimentaires, et deux structures publiques affaiblies peinent à porter l’objectif de souveraineté alimentaire.
Quelle issue après les 90 jours ?
L’administration provisoire doit établir un état des lieux des actifs, des engagements et des perspectives.
Le gouvernement devra ensuite trancher : maintenir la SAEG, relancer AGROPAG sur des bases juridiques solides, ou repenser l’intervention publique dans l’agriculture.
Après la SOTRADER, la SAEG puis AGROPAG, le problème est-il celui des structures ou de leur gouvernance et de leur financement ?
Sans réponse à cette question, le risque est de voir une nouvelle entité remplacer l’ancienne sans résoudre les causes de l’échec.



