DIG / Alors que les usagers redoutaient un retour des délestages systématiques après plusieurs perturbations début août, la coupure générale survenue le samedi 8 août 2026 dans plusieurs secteurs du Grand Libreville trouve son origine dans une avarie technique majeure sur le réseau de transport d’énergie.
Anatomie de la panne : un défaut sur l’axe Kinguélé–Bisségué
Selon la SEEG, le blackout est dû à des défauts localisés sur la ligne à haute tension de 225 kV reliant la centrale hydroélectrique de Kinguélé au poste de répartition de Bisségué.
La défaillance de cette artère névralgique a interrompu la fourniture d’électricité pendant plusieurs heures, touchant des zones clés du Grand Libreville : Delta Postal, Angondjé Cité SNI, Mikolongo et plusieurs quartiers environnants.
Panne subie, pas de délestages programmés
La distinction mérite d’être posée clairement. Contrairement aux coupures planifiées pour travaux d’entretien — comme celle du 2 août au poste 90 kV d’Owendo —, l’incident du 8 août est un problème technique imprévu sur une ligne de grand transport. Ce n’est pas la SEEG qui a coupé le courant : c’est le réseau qui a lâché.
C’est précisément là que réside le danger structurel. Une avarie sur l’axe 225 kV met en lumière la dépendance du réseau de la capitale à quelques infrastructures d’évacuation centrales. Un défaut sur ce tronçon unique entraîne immédiatement la mise hors service de pans entiers de la ville.
C’est ce que les ingénieurs appellent un « point de rupture unique » — et c’est une vulnérabilité inacceptable pour une capitale.
L’urgence d’un maillage du réseau de transport
Ce blackout rappelle une réalité que les annonces sur la production d’électricité tendent à masquer : augmenter les capacités de production ne sert à rien si le réseau de transport qui achemine cette énergie vers les consommateurs reste aussi fragile.
La stabilisation de la desserte électrique dans le Grand Libreville exige un investissement soutenu dans le maillage et la redondance des lignes de transport — pour qu’une avarie sur un tronçon ne puisse plus plonger des dizaines de milliers de ménages et de commerces dans le noir.
Karpowership peut produire, Kinguélé peut turbiner : si la ligne 225 kV qui relie le tout reste un point de défaillance unique, la prochaine coupure n’est qu’une question de temps.



