DIG/ Dans le cadre de la Mission 300 (initiative internationale majeure lancée en avril 2024 par le Groupe de la Banque mondiale et le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) afin de de connecter 300 millions de personnes à l’électricité en Afrique subsaharienne d’ici 2030), le Gabon s’est fixé pour objectif d’atteindre l’accès universel à l’électricité d’ici 2030.
Pour y parvenir, le Pacte National de l’Énergie estime qu’il faudra raccorder 347 000 personnes au réseau.
De ces 347000 personnes, 171 000 n’ont actuellement aucun accès à l’électricité. Pour le reste, il s’agit des personnes supplémentaires à intégrer en raison de la croissance démographique d’ici 2030.
Les satellites bousculent les statistiques
Jusqu’à présent, la base de données de l’ODD 7 (Objectif de développement durable) des nations unies, affichait un taux national d’accès de 94 %. Un chiffre issu des enquêtes démographiques et de santé (EDSG-III 2019-2021) faites auprès des ménages.
Cependant, une récente analyse géospatiale financée par la Banque mondiale offre une nouvelle perspective.
En observant l’éclairage nocturne par satellite, l’étude révèle que 18,3 % des bâtiments ne présentent aucun signe d’électrification.
Cette différence de méthode (observation des bâtiments par satellite contre enquêtes déclaratives) justifie aujourd’hui une réévaluation des statistiques pour mieux cibler les zones dans le besoin.
Le défi de l’informel
Au-delà des 347 000 nouvelles personnes à raccorder, le Gabon fait face à un autre défi colossal, celui de la régularisation de 500 000 usagers actuels.
Bien que bénéficiant de l’électricité, ces derniers sont raccordés de façon informelle et ne sont pas comptabilisés, ce qui pèse lourdement sur les pertes techniques et commerciales du réseau.


