DIG / Le succès de l’emprunt obligataire EOG 2025 ne doit pas occulter une réalité plus pesante.
Avec environ 784 milliards de FCFA d’obligations souveraines cotées à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC), le Gabon concentre à lui seul plus de la moitié d’un encours régional qui dépasse désormais 1 492 milliards de FCFA.
Une position dominante qui dit moins la puissance financière du pays que l’ampleur de ses besoins.
Echéance
Car derrière chaque emprunt, il y a une échéance. L’EOG 5,8 % NET 2025-2027 II, d’un montant de 85,2 milliards de FCFA, devra être remboursé dans deux ans. L’EOG 6 % NET 2025-2028 II, soit 21,26 milliards supplémentaires, dans trois ans.
Ces deux lignes s’ajoutent à un stock de dette déjà constitué au fil des émissions précédentes, dans un contexte où les recettes budgétaires restent sous pression et où le pays traverse une période de transition politique.
Crédibilité ?
La sursouscription à 212 % est souvent présentée comme un gage de confiance des marchés.
Elle traduit surtout l’absence d’alternatives dans une zone CEMAC où les instruments d’investissement demeurent rares. Les investisseurs ne plébiscitent pas nécessairement la trajectoire fiscale du Gabon, ils répondent à un besoin de placement. Nuance capitale.
La vraie question n’est donc pas de savoir si le Gabon emprunte bien, mais s’il rembourse dans la durée. Les prochaines échéances obligataires constitueront un test autrement plus révélateur que le taux de souscription.



