DIG / Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a débloqué 9 milliards de FCFA pour accélérer la remise à niveau des trois principales universités publiques du Gabon, soit 3 milliards pour l’Université Omar Bongo (UOB), 3 milliards pour l’USTM et 3 milliards pour l’USS.
Lancée le 12 août 2026, l’opération doit s’achever le 15 septembre, à quelques jours de la rentrée universitaire 2026-2027.
Une enveloppe conséquente pour l’urgence
Sur le court terme, les 9 milliards de FCFA constituent une enveloppe significative. Ils peuvent permettre de financer des travaux prioritaires : réfection des bâtiments et des toitures, plomberie, électricité, remise en état des résidences, achèvement de certains chantiers, équipements pédagogiques et réhabilitation des restaurants ou espaces sportifs.
Le véritable défi sera toutefois de dépenser cette enveloppe rapidement, efficacement et en toute transparence, compte tenu du calendrier particulièrement serré.
Un budget insuffisant pour une modernisation structurelle
Mais si l’objectif est de transformer durablement les universités gabonaises, les 9 milliards sont loin de suffire. Le problème dépasse largement l’état des bâtiments : il concerne surtout la capacité d’accueil face à l’augmentation des effectifs.
À l’UOB, plus de 30 000 étudiants seraient aujourd’hui confrontés à une capacité d’environ 8 000 places assises, selon les chiffres avancés par le SNEC-UOB.
Réduire un tel déficit implique de construire de nouvelles infrastructures, des amphithéâtres, bibliothèques, laboratoires et campus, avec des investissements qui se chiffrent nécessairement en dizaines, voire en centaines de milliards de FCFA sur plusieurs années.
Une opération de remise à niveau, pas encore une réforme
Les 9 milliards doivent donc être considérés comme une enveloppe d’urgence destinée à améliorer rapidement les conditions d’études, plutôt que comme le financement complet de la modernisation de l’enseignement supérieur.
Le véritable enjeu sera désormais de transformer cette opération « coup de poing » en plan d’investissement pluriannuel, capable de traiter le déficit d’infrastructures, les équipements, les capacités d’accueil et la qualité de la formation.
Autrement dit, les 9 milliards peuvent remettre les campus à niveau pour la rentrée ; ils ne peuvent, à eux seuls, remettre l’université gabonaise à niveau pour les prochaines décennies.



