5 milliards de FCFA octroyés à la CNAMGS : Un pansement sur une plaie structurelle

DIG / Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a débloqué une enveloppe de 5 milliards de FCFA au profit de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), destinée à améliorer la prise en charge des assurés.

Une annonce qui intervient dans un contexte où la caisse traverse depuis plusieurs mois une crise de trésorerie chronique, marquée par des impayés massifs envers les pharmacies et les prestataires de soins.

Une dette qui dépasse largement l’enveloppe annoncée

Le geste présidentiel doit être mis en perspective avec l’ampleur du passif accumulé.

Selon plusieurs sources locales, la dette de la CNAMGS envers les officines pharmaceutiques était estimée entre 7 et 8 milliards de FCFA fin 2025, un montant qui avait déjà conduit le Syndicat des pharmaciens du Gabon à suspendre temporairement la délivrance de médicaments aux assurés début 2025.

Les 5 milliards débloqués représentent donc, au mieux, une réponse partielle à un déficit structurel plutôt qu’un règlement définitif du contentieux avec les prestataires.

Une caisse sous perfusion depuis des années

Ce n’est pas la première fois que l’exécutif intervient pour renflouer l’institution. Le chef de l’État avait déjà, à plusieurs reprises, exprimé publiquement son insatisfaction face au fonctionnement de la CNAMGS, allant jusqu’à qualifier le système de « désabusé » devant le Parlement réuni en Congrès.

Il avait alors annoncé un audit du fichier des Gabonais économiquement faibles (GEF), pointant l’incohérence structurelle d’environ 660 000 cotisants appelés à financer la couverture de près de 1,3 million de bénéficiaires.

Le vrai chantier reste celui des réformes

L’enveloppe budgétaire, aussi bienvenue soit-elle pour désengorger à court terme les créances envers les pharmacies, ne traite pas les causes profondes du dérèglement financier de la caisse : gouvernance jugée défaillante, gestion opaque des flux, retards répétés dans l’affectation des dotations de l’État et absence de mécanisme pérenne de financement pour les travailleurs du secteur informel.

Les autorités gabonaises avaient, elles-mêmes, annoncé la mise en œuvre du « Fonds 04 », censé intégrer les acteurs de l’économie informelle au régime d’assurance maladie, sans que sa mise en œuvre effective soit encore documentée.

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La Redaction

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