Etat d’urgence hydrique : Le numéro vert 18 ne passe pas !

DIG/ Face à la crise de l’eau qui frappe le Grand Libreville, le gouvernement a déployé un arsenal de mesures : état d’urgence hydrique, réquisition du génie militaire et des sapeurs-pompiers pour la distribution, prix plafonnés à 3 000 FCFA le mètre cube et 600 FCFA le fût de 200 litres pour contrer la mafia de l’eau.

Au cœur de ce dispositif : le numéro vert 18, censé permettre aux populations de passer commande facilement.

Sur le terrain, l’espoir a rapidement laissé place à la frustration. Le numéro 18 ne passe pas.

Un standard qui s’effondre au premier test

Dès l’annonce gouvernementale, des milliers de ménages assoiffés se sont précipités sur leurs téléphones. Résultat prévisible : effondrement immédiat du standard, lignes occupées, appels coupés, attentes infinies.

Pour une population épuisée par le manque d’eau, cette ligne inaccessible est vécue comme un abandon — et alimente le sentiment d’une communication institutionnelle sans lendemain.

Un boulevard offert aux trafiquants

C’est là que le bât blesse le plus sérieusement. Le gouvernement entendait casser les réseaux illégaux en reprenant le contrôle de la distribution — plus de 55 véhicules de trafic ont d’ailleurs été ciblés.

Mais tant que le 18 reste injoignable, un ménage dont l’enfant a soif finira inévitablement par se tourner vers le marché noir.

L’inaccessibilité du numéro vert sabote l’objectif même du dispositif.

De bonnes intentions, un outil obsolète

Nos forces de défense ont la capacité d’accomplir cette mission vitale. Elles sont desservies par un outil qui ne l’est pas.

Gérer la distribution d’eau à l’échelle d’une capitale ne peut reposer sur des appels vocaux simultanés vers un standard centralisé — c’est une évidence que la crise vient de démontrer brutalement.

La solution existe et n’est pas hors de portée : un chatbot WhatsApp officiel permettrait aux citoyens de s’enregistrer sans jamais affronter de ligne occupée, la géolocalisation directe réglerait le casse-tête de l’adressage urbain, et un traitement algorithmique des requêtes permettrait d’organiser les tournées des camions par quartier et d’en tracer le parcours pour couper court aux détournements.

L’initiative gouvernementale est salutaire dans son principe. Mais la bonne volonté politique ne suffit pas si elle s’appuie sur des outils du siècle passé.

Pour remporter la bataille de l’eau, il ne suffit pas d’avoir des citernes — encore faut-il la logistique pour les diriger.

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La Redaction

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