DIG / Le Président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu, le mardi 9 juin 2026 au Palais Rénovation les responsables du groupe SONOCO, conglomérat guinéen fondé en 2004 par Mamadou Saliou Diallo.
Fort de plus de 4 000 collaborateurs, le groupe intervient dans des secteurs aussi variés que la minoterie, le riz, l’aviculture, les boissons, le BTP et la logistique.
Au Gabon, il ambitionne de produire plus de 15 millions de poulets de chair à travers un complexe agro-industriel intégré couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur avicole. Mais qui est vraiment ce groupe, et pourquoi débarque-t-il maintenant ?
La SOGADA déjà sur le terrain
Pendant que SONOCO négocie son entrée à la Présidence, un opérateur gabonais tient ce créneau depuis plus d’une décennie.
Créée en 2013 et opérationnelle depuis 2017, la SOGADA d’Hervé Patrick Opiangah, implantée à Méyang dans le département du Komo-Mondah, a déjà bâti un modèle agro-industriel intégré.
L’entreprise à capitaux gabonais a engagé près de 8 milliards de FCFA dans le développement d’une unité industrielle dédiée au poulet de chair.
Un investissement patient, construit sans soutien institutionnel comparable, et qui vise lui aussi à répondre à l’interdiction programmée des importations de volaille dès janvier 2027.
Complémentarité ou concurrence frontale ?
Les défenseurs du projet SONOCO plaideront pour la complémentarité, arguant que le marché gabonais reste largement déficitaire.
Le groupe guinéen met en avant son expérience continentale et sa dimension panafricaine, présentant ce partenariat comme un exemple concret de coopération Sud-Sud entre Conakry et Libreville.
Reste que lorsqu’un conglomérat adossé à des financements internationaux et bénéficiant d’un soutien présidentiel affiché s’installe sur un marché étroit, les opérateurs locaux qui ont pris le risque d’investir en premier ont de quoi s’interroger.
Un signal à double tranchant
L’arrivée de SONOCO traduit une attractivité croissante du Gabon pour les investisseurs africains.
Mais elle pose une question de politique industrielle que les autorités gabonaises ne peuvent esquiver : comment attirer des capitaux étrangers sans fragiliser les entrepreneurs nationaux qui ont défriché le terrain avant eux ?
La réponse dira beaucoup sur la nature réelle de la diversification économique que le pays entend construire.


