Election à la présidence de la FEG : Alain-Claude Kouakoua veut un patronat plus fort qui pèse sur les décisions économiques

DIG/ Le président du groupe ACK, Alain-Claude Kouakoua, a officiellement présenté sa candidature à la tête de la Fédération des Entreprises du Gabon, le jeudi 11 juin 2026 à Libreville, devant les membres du conseil et les présidents de fédérations professionnelles.

Le président par intérim, qui a pris les rênes de l’organisation en mai 2025 après le départ d’Henri-Claude Oyima vers de plus hautes fonctions, réclame désormais un mandat en bonne et due forme.

D’un intérim subi à une candidature assumée

Nommé à la tête de la FEG sans en avoir initialement recherché le poste, Alain-Claude Kouakoua a construit son argumentaire sur la continuité et la stabilité.

Il a présenté, ces mois à la tête de l’organisation, non comme une simple période de transition, mais comme une démonstration de sa capacité à maintenir l’unité d’une institution représentant plus de mille entreprises, dans un contexte national marqué par la recomposition institutionnelle post-coup d’État de 2023.

La conversion de cet intérim en candidature constitue en soi un message politique fort : la FEG entend exister sur le temps long, pas dans la gestion de crise.

Le poids lourd d’un patronat sous pression

Le discours du candidat a rappelé les chiffres structurants du secteur privé gabonais : près de 80 % de la richesse nationale et 90 % de l’emploi formel concentrés dans les rangs de la FEG.

Des données qui illustrent l’enjeu stratégique que représente la direction de cette organisation à l’heure où les autorités gabonaises engagent la rédaction d’un Plan National de Croissance et de Développement.

Kouakoua a été explicite : le secteur privé ne saurait rester observateur de sa propre transformation.

Les difficultés évoquées : retards de paiement, contraintes de financement, tensions logistiques, dessinent un tableau d’un tissu entrepreneurial sous tension, dont la FEG est attendue comme première ligne de défense.

Un programme articulé autour de l’influence et de la proximité

 

Sur le fond programmatique, le candidat a décliné plusieurs axes. Il souhaite une fédération davantage déployée dans les neuf provinces du pays, plus attentive aux PME et mieux intégrée dans les circuits de décision publique.

Il a également mis en avant la digitalisation de la structure patronale, le soutien à la transformation locale des ressources naturelles, et l’émergence de champions nationaux.

La montée en puissance du Gabon Economic Forum comme espace annuel de dialogue économique structuré figure également parmi ses priorités.

Ces orientations s’inscrivent dans une logique de repositionnement de la FEG : non plus simple courroie de transmission des doléances patronales, mais acteur de co-construction des politiques économiques.

Une élection, un test pour la représentativité patronale

Au-delà du discours, le scrutin de ce vendredi 12 juin 2026 constitue un vrai moment de vérité pour la gouvernance du patronat gabonais.

La question n’est pas tant de savoir si Kouakoua sera élu ( candidat unique), mais de mesurer la capacité de la FEG à se doter d’une légitimité renouvelée dans un contexte économique difficile.

La rhétorique de l’humilité et de la mission collective adoptée par le candidat traduit une conscience des attentes : les membres de la fédération veulent moins un président qu’un interlocuteur crédible face à l’État et aux partenaires financiers.

La prochaine mandature dira si cette ambition affichée trouve une traduction concrète.

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La Redaction

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