Financement des PME : Gninga Chaning Zenaba peut-elle vraiment débloquer le crédit ?

DIG / Le ministère du Commerce et des PME de Gninga Chaning Zenaba a organisé à Libreville des rencontres directes entre banquiers et entrepreneurs, avec l’ambition d’en faire un rendez-vous trimestriel.

L’intention est louable. La méthode, en revanche, risque de buter rapidement sur les réalités du terrain.

Des blocages structurels qu’un atelier B2B ne résout pas

Le problème des PME gabonaises n’est pas un manque de convivialité ou de réseau. Les vrais freins sont documentés depuis des années : informalité chronique du tissu économique, absence de bilans comptables fiables, taux d’intérêt prohibitifs et banques commerciales qui préfèrent systématiquement prêter à l’État plutôt qu’au secteur privé.

Un atelier ne transforme pas magiquement un dossier jugé à haut risque en projet bancable.

Sans accompagnement technique en amont pour structurer les entreprises, ces rencontres risquent de créer davantage de frustration que de financements.

La SGG : vrai levier ou étape bureaucratique de plus ?

La présence de la Société de Garantie du Gabon (SGG) est l’élément le plus concret du dispositif. La garantie d’État est en effet le principal verrou pour les entrepreneurs sans titres fonciers ni garanties réelles.

Mais son efficacité dépendra de sa souplesse opérationnelle : si la SGG applique des critères d’éligibilité aussi restrictifs que ceux des banques, le verrou ne sautera pas.

Ce qui permettrait de mesurer le succès

Le gouvernement ne devra pas compter les participants aux réunions, mais les dossiers effectivement déposés, les crédits réellement décaissés et les délais de traitement.

Sans ces indicateurs, ce rendez-vous trimestriel risque de devenir un rituel de communication institutionnelle — là où l’économie gabonaise a besoin de liquidités et d’impacts mesurables.

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Redaction

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