DIG/ La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) du Gabon a organisé, les 2 et 3 septembre 2026 au Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba, la première édition du Forum National de l’Épargne pour le Développement (FONED).
Placé sous le thème « Épargne et souveraineté financière : la Caisse des Dépôts, instrument du financement endogène du PNCD 2026-2030 », l’événement a réuni les autorités gabonaises, des représentants de caisses de dépôts africaines, l’Agence Française de Développement (AFD) et des acteurs du secteur financier local.
L’objectif de cette rencontre était de faire de l’épargne des ménages, des entreprises et de la diaspora un levier de financement du Plan National de Croissance et de Développement (PNCD) 2026-2030, plutôt que de s’en remettre exclusivement aux bailleurs extérieurs.
Un besoin de financement qui reste largement extérieur
L’’investissement projeté dans le cadre du PNCD est estimé à environ 27 000 milliards de FCFA, dont « près de 18 000 milliards de FCFA attendus du secteur privé et des ressources nationales ».
Un rapide calcul suffit à situer les limites de l’exercice : près de 9 000 milliards de FCFA resteraient donc à mobiliser hors de ce périmètre domestique, vraisemblablement par la dette et les partenaires extérieurs.
Le Vice-Président de la République, Hugues Alexandre Barro Chambrier, a lui-même reconnu que « nous devons continuer à attirer les capitaux extérieurs, à travailler avec nos partenaires au développement et à mobiliser les marchés financiers ».
La CDC en position de chef d’orchestre, un rôle encore à démontrer
Portée par la CDC Gabon, dirigée par Marius Issa Nkori, la manifestation s’inscrit dans la dynamique du Forum des Caisses de Dépôt, dont la présidence assurée par la CDC du Bénin a délégué un message en ouverture : « Une épargne qui reste dispersée demeure un potentiel ; une épargne mobilisée, sécurisée, transformée et investie devient une force de développement ».
Le message insiste également sur la Nouvelle Architecture Financière Africaine pour le Développement (NAFAD) et le Consensus d’Abidjan du 9 avril 2026, censés structurer une meilleure mobilisation du capital domestique à l’échelle continentale.
Reste que la CDC Gabon, jeune institution, doit encore démontrer sa capacité opérationnelle à transformer cette ambition en instruments concrets.
Une équation de confiance encore à construire
Le Vice-Président a lui-même posé la condition centrale de réussite de cette stratégie : « La confiance. Confiance dans les institutions, dans la qualité des projets, dans la transparence des instruments proposés et dans la sécurité des ressources mobilisées. Sans confiance, il n’y a pas d’épargne longue ».
C’est précisément là que se situe le principal défi du FONED : convaincre une diaspora et des ménages gabonais souvent échaudés par des expériences passées de mobilisation de l’épargne que les nouveaux instruments annoncés seront à la fois sûrs et rentables.
Les autorités gabonaises ont affiché l’intention de faire du Forum un rendez-vous annuel ; sa crédibilité se jouera moins sur la tenue de cette première édition que sur la capacité de la CDC à livrer, dans les mois qui viennent, des produits d’épargne concrets et mesurables plutôt que sur la seule reconduction du forum lui-même.



