Gabon : 14 % de la population rurale est connectée à Internet

DIG/ Présentée le 4 mai 2026 à Libreville, l’étude nationale sur les compétences financières et numériques, conduite par le Fonds d’équipements des Nations unies entre juillet et août 2025, offre une radiographie inédite de l’accès au numérique au Gabon.

Réalisée auprès de 1601 répondants couvrant les neuf provinces, elle révèle des inégalités territoriales profondes entre urbains et ruraux.

Le fossé est immédiat dans les données : 86 % des répondants vivent en zone urbaine contre seulement 14 % en milieu rural.

Les populations urbaines se distinguent par un usage plus fréquent et diversifié du numérique (transactions en ligne, services financiers, sécurité numérique).

À l’inverse, les zones rurales accumulent les handicaps : faible connectivité, réseaux instables et méconnaissance des risques en ligne.

Des équipements insuffisants hors des villes

Si 83 % des personnes interrogées possèdent un téléphone, dont 68 % des smartphones, cette diffusion masque une réalité contrastée.

En milieu rural, seulement 10 % des habitants disposent d’une tablette ou d’un ordinateur. Et comme 95 % des connexions s’effectuent via les données mobiles, la dépendance à des réseaux instables bride considérablement les usages et freine l’inclusion financière.

Les jeunes, levier d’une transformation à encadrer

Représentant 44 % des répondants, les moins de 35 ans apparaissent comme plus connectés et davantage enclins aux solutions dématérialisées.

Selon Manohisoa Boulier, responsable des programmes du FENU, ils pourraient accélérer la transition numérique, à condition d’un renforcement ciblé de leurs compétences. Sans accompagnement structuré, cet atout risque de ne produire aucun impact durable.

Des chantiers prioritaires pour l’État

Face à ces constats, le ministre de l’Économie numérique, Mark Alexandre Doumba, mise sur deux leviers : l’amélioration des infrastructures et le futur « Start-up Act », encore en cours d’élaboration.

Si les intentions semblent alignées sur les priorités de l’étude, la vitesse d’exécution des réformes restera déterminante pour faire du numérique un outil d’équité et non un nouveau vecteur d’exclusion.

 

 

 

 

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La Redaction

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