Manganèse / Accord avec le japonais AML : Un signal d’impatience de Libreville envers Eramet ?

DIG / La visite, le 5 mai 2026, d’une délégation d’Asia Minerals Limited (AML) au vice-président Alexandre Barro Chambrier n’est pas une première prise de contact.

Fondé à Hong Kong en 1993, ce groupe japonais spécialisé dans tous les segments de la filière manganèse (des minerais aux ferroalliages) avait déjà signé, en septembre 2025, un accord-cadre avec le ministère des Mines portant sur la transformation locale de 400 000 tonnes d’alliages par an à compter du 1er janvier 2029.

La réunion du 5 mai 2026 s’inscrit donc dans un processus engagé, non dans une simple déclaration d’intention.

Douce pression

Ce processus, Libreville l’a enclenché méthodiquement. L’interdiction d’exporter du manganèse brut à partir de 2029, annoncée dès 2025, a agi comme un signal d’alarme pour les opérateurs historiques.

Comilog, filiale d’Eramet et premier producteur du pays avec 6,8 millions de tonnes extraites en 2024, a répondu à cette pression par des engagements substantiels : transformer localement au moins 2 millions de tonnes par an et créer plus de 16 000 emplois directs et indirects.

Des chiffres qui dépassent largement les volumes annoncés par AML.

Mais la stratégie gabonaise ne mise pas sur un seul cheval. L’Inde, le Japon et la France se disputent désormais des positions sur ce marché en recomposition.

Concurrence

En ouvrant la porte à plusieurs acteurs simultanément, Libreville entretient une pression concurrentielle qui oblige chaque opérateur (historique ou nouveau) à accélérer ses engagements industriels sous peine d’être marginalisé.

La vraie question n’est donc plus de savoir si la transformation locale aura lieu, mais qui sera réellement au rendez-vous en janvier 2029.

Les accords signés et les chiffres annoncés sont prometteurs.

Reste à les traduire en acier, en fours, en emplois et en valeur ajoutée gabonaise.

 

 

 

 

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La Redaction

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