Gabon : 1700 milliards de FCFA détournés ou 80 % du budget d’investissement de l’Etat parti en fumée

DIG / Le Premier président de la Cour des comptes, Alex Euv Moutsiangou, a annoncé que la juridiction financière réclame la restitution de près de 1 700 milliards de FCFA à l’issue de ses contrôles récents.

Les audits ont porté sur plusieurs secteurs sensibles : la sécurité sociale, les évacuations sanitaires, le Fonds des Gabonais économiquement faibles, ainsi que la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS).

Un recueil des décisions et avis des juridictions financières a été publié, précisant les arrêts rendus, les justiciables concernés et les montants en cause.

Le contexte budgétaire

Ce chiffre prend tout son sens rapporté aux masses financières que manient les autorités gabonaises.

Le budget rectificatif 2026, adopté en Conseil des ministres en mai dernier, fixe les dépenses de l’État à 5 180 milliards de FCFA pour un budget global de 5 495,2 milliards.

L’enveloppe consacrée à l’investissement public pour l’exercice 2026 s’élève, elle, à 2 119,2 milliards de FCFA, un montant présenté comme un effort inédit, près de quatre fois supérieur aux 592 milliards investis en 2025.

Ce que représentent réellement 1 700 milliards

Rapportés à ces chiffres, les débets et amendes réclamés par la Cour des comptes équivalent à environ 31 % du budget total de l’État pour 2026, et à plus de 80 % de l’ensemble de l’enveloppe d’investissement public de l’année.

Autrement dit, la somme que la juridiction financière dit avoir identifiée comme détournée ou irrégulièrement utilisée aurait quasiment permis de financer, à elle seule, l’intégralité des routes, hôpitaux et infrastructures prévus au budget d’investissement 2026.

La comparaison avancée par le Premier président lui-même ‹‹ l’équivalent du budget de certains pays ›› n’est donc pas une hyperbole rhétorique.

La question qui reste posée

Ce rapprochement souligne surtout l’enjeu réel : l’annonce d’un montant à recouvrer n’équivaut pas à un recouvrement effectif.

Les Cours des comptes de la sous-région publient régulièrement des chiffres de débets sans que leur exécution soit systématiquement documentée dans la durée.

Tant que les autorités gabonaises ne communiquent pas sur le taux de restitution réel : combien de ces 1 700 milliards ont été effectivement recouvrés, sur quels dossiers, et selon quel calendrier l’exercice de transparence engagé par la Cour restera à mi-chemin entre le constat et la sanction.

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La Redaction

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