Gabon-Consortium Omega : 142 milliards de FCFA pour le rachat de la dette de la SEEG, nouvelle confusion des chiffres

DIG/ Le montant central de l’offre soumise, le 20 juillet 2026 à Paris, par le Consortium Omega au président Brice Clotaire Oligui Nguema  s’élève à 247 millions de dollars (142 milliards de FCFA), selon Financial Afrik.

C’est la somme annoncée pour le rachat et la restructuration de la dette de la SEEG, un chiffre qui donne pour l’instant l’unique repère quantitatif public de l’opération, aucune ventilation détaillée (part rachetée, décote appliquée, échéancier) n’ayant été communiquée à ce stade.

Un précédent qui invite à la prudence : les « 1 000 milliards » contestés

Ce nouveau chiffre s’inscrit dans un contexte où les montants annoncés pour la SEEG ont déjà fait l’objet d’une controverse.

Un chiffre de 1 000 milliards de FCFA a circulé comme montant total investi dans l’entreprise depuis 2023, mais selon nos informations la liste vérifiable des projets ne totalise que 509 milliards, dont environ 79 milliards seulement effectivement dépensés entre 2023 et 2025 – les 289 milliards restants correspondant à des centrales encore non construites, annoncées pour 2026.

Le parti présidentiel lui-même, l’UDB, a publiquement interpellé la SEEG en juin 2026 sur l’utilisation de ces financements.

Un volet infrastructures sans chiffrage encore public

Au-delà du montant de rachat, le plan présenté par le groupe Omega prévoit des investissements dans la modernisation des infrastructures, la construction de gazoducs et le renforcement des lignes de transport électrique.

Aucun montant n’a été associé à ce volet, qui reste une intention non chiffrée. Pour donner une échelle de référence, la capacité de production installée de la SEEG s’élève à 452 MW, tous types de centrales confondus, un chiffre qui permettra, une fois les investissements d’Omega documentés, de mesurer leur impact réel sur le parc énergétique national.

Deux entités, zéro donnée financière publiée

Sur le plan institutionnel, l’opération s’inscrit dans la scission de la SEEG en deux structures distinctes : La Gabonaise des Eaux et Électricité du Gabon, actée par deux projets de loi adoptés en Conseil des ministres.

Ni la valorisation de ces deux nouvelles entités, ni la part de capital ouverte aux partenaires privés dans le cadre de ces sociétés d’économie mixte n’ont été rendues publiques, ce qui limite la capacité à situer l’offre d’Omega dans une grille financière d’ensemble.

Des concurrents présents, mais sans montants comparables

Le groupe turc Aksa Enerji et le français Suez sont également positionnés sur le même marché, mais aucun chiffre d’offre concurrente n’a été rendu public à ce jour, rendant impossible toute comparaison chiffrée entre les propositions en présence.

Le seul montant vérifiable reste donc les 247 millions de dollars avancés par Omega, chiffre qui, à la lumière du précédent des « 1 000 milliards », doit être lu comme une enveloppe indicative plutôt que comme un engagement financier stabilisé.

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La Redaction

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