DIG / Le programme avec le Fonds monétaire international (FMI) est confirmé, mais n’est toujours pas signé.
Sur France 24 le 2 juiçn 2026 , le président de la République a assumé ce retard en revendiquant une posture de souveraineté budgétaire.
« Je veux la réalité pour savoir ce que moi je signe », a-t-il expliqué, précisant qu’un audit exhaustif de la dette héritée avait été exigé comme préalable à toute signature.
Une demande qui, selon lui, a conduit le FMI à décaler l’accord « de quelques mois ». La signature est désormais annoncée pour la fin de l’année 2026.
Une dette héritée à clarifier
Le contexte comptable justifie en partie la prudence présidentielle. À l’arrivée des nouvelles autorités, la dette publique gabonaise était présentée tantôt à 7 500 milliards de francs CFA, tantôt à 8 milliards de dollars, des chiffres contradictoires qui ont alimenté la méfiance des Librevillois.
Plus de 3 142 milliards de francs CFA ont dû être mobilisés depuis août 2023 pour honorer des engagements hérités, sans aucune capacité d’investissement nouveau.
Une commission spécifique a été mise en place pour conduire un audit exhaustif des engagements du pays, à la suite d’irrégularités relevées sur la période 2016-2023 : projets non réalisés, facilités financières non reversées au Trésor, ou encore manquements dans la comptabilisation de certaines dettes.
Un programme sous conditions strictes
Les autorités gabonaises entendent signer un accord qui ne lui soit pas imposé.
En février 2026, Brice Clotaire Oligui Nguema avait posé quatre principes intangibles : sanctuarisation des projets prioritaires, protection des ménages vulnérables, rationalisation des dépenses improductives et gestion soutenable de la dette.
En 2025, le Gabon affichait un manque à gagner fiscal de près de 30 % par rapport aux objectifs de collecte, ce qui renforce l’urgence d’un accord mais aussi la nécessité de ne pas signer à n’importe quelle condition.
La dette publique avoisine désormais 80 % du PIB.
La BAD et la guerre des chiffres
Sur les prévisions de croissance à 2,6 % publiées par la Banque africaine de développement, bien en deçà des projections de la loi de finances rectificative ( 4%), le chef de l’État a répondu avec un aplomb affiché, citant Omar Bongo Ondimba : « Les chiffres ne nourrissent que ceux qui vivent avec les chiffres. »
Une formule qui dit autant sur le style de gouvernance que sur l’inconfort face à des indicateurs peu flatteurs.
L’accord FMI, quand il viendra, sera aussi un test de la capacité de Libreville à aligner ses projections sur les réalités économiques du pays.



